Inebolu- Bogazkale 350km début de la traversée de l’Anatolie du Nord au Sud
Les eaux cristallines de la Mer Noire à Inebolu seront notre dernière étape dans cette partie de la Turquie. Aujourd’hui, nous entamons la traversée de la Turquie du Nord au Sud. Après avoir étudié la situation, nous allons éviter Ankara, où nous devions nous rendre dans un premier temps pour faire nos VISA pour l’Iran. Après réflexion, il se peut que les VISA débutent dès la date d’émission ce qui nous ferait louper la Syrie et la Jordanie. De plus, les VISA semblent assez complexes à obtenir et la durée d’attente varie entre 10-20 jours. Nous ne souhaitons pas perdre autant de temps vers Ankara. Nous avons donc décider de les faire à Amman en Jordanie et pendant ce temps de visiter le pays.
Nous partons d’Inebolu en espérant atteindre le parc national de Mili ce soir pour y faire notre bivouac. La première partie de la route est lente, je conduis et oscille entre la seconde et la troisième. Nous montons jusqu’à 1800 m d’altitude jusqu’à la station de ski d’Ilgaz. La route est sinueuse, le paysage magnifique. Nous traversons des forêts de sapin, des petits villages de montagne. Ca nous change de la mer ! La route est bonne mais à plusieurs reprises nous tombons sur des portions de route en travaux. Malgré le fait que nous soyons samedi, de nombreux camions circulent et la poussière nous assèche la gorge. Parfois, je ne vois même plus la route et les voitures qui arrivent en face. Meiwenti a du mal à monter, il chauffe assez rapidement. Nous prenons donc notre temps.
Puis vers Cankiri le paysage change radicalement. Nous arrivons sur des paysages d’Anatolie comme nous nous les représentons en France : de grandes plaines, où le blé est la culture principale. Les blés ont été coupés et nous avons de gigantesques espaces jaunes qui s’offrent à nous. De petites collines commencent à se profiler, des collines désertiques comme nous les voyons au Moyen-Orient. Nous nous arrêtons laver notre lessive au milieu de ce désert. Une petite source coulait et nous en avons profité. Le soleil tape dur et Fab se chope une petite insolation en moins de 30mn.
Soudain, nous arrivons sur des paysages grandioses, à couper le souffle. Le jaune se transforme en rouge, les collines deviennent plus hautes et la route file à travers des paysages de Far-West. Nous roulons lentement, ne sachant plus où donner de la tête dans ce paysage féerique. La lumière du soleil descendant se réfléchit sur la roche rouge et la lumière est propice aux photos. Nous traversons de petits villages où le temps semble s’être arrêté. Les maisons sont faites en pierres et recouvertes de terre. Les vieillards se promènent en âne et les femmes bavardent à l’ombre.
Puis le paysage redevient tel qu’il était pendant des dizaines de km, des champs à perte de vue. Nous arrivons vers le parc national de Mili mais en guise de forêt se sont de petites collines qui se révèlent à nous. Nous aurions bien aimé quelques arbres pour s’abriter et étendre notre linge. Nous trouvons une route qui monte dans une colline, des sites touristiques sont indiqués. Nous l’empruntons lorsqu’à une bifurcation, où un homme, nous voyant hésitant, viens vers nous. Il se dit membre d’une coopérative, une enseigne « free information » trône sur sa porte ainsi que quelques tapis. Il nous dit que le site est fermé, qu’il nous faudra attendre demain pour le visiter et qu’en attendant nous pouvons dormir dans le jardin de sa coopérative gratuitement. Fab, qui a lu la veille dans le Routard que les coopératives n’existent pas en Turquie et que les « coopératives » sont en fait des vendeurs de tapis qui essaient par tous les moyens d’en vendre aux touristes le remercie et me dit de repartir. Je suis un peu embêtée, l’homme a l’air de bonne foi mais c’est vrai que la situation est un peu grotesque. Nous sommes dans un parc national, comment pourrait-on fermer le parc ? Nous décidons de continuer, tout en le remerciant. A peine avions-nous fait 150m qu’une barrière avec un écriteau « military zone » fermait le parc !! Ayant déjà testé les terrains militaires en Turquie, nous décidons de faire demi-tour !! Finalement, nous trouverons un bivouac pas très loin, avec la vue sur la campagne environnante.
Qu’elle belle journée !!!
Lucie
Aujourd’hui nous avons découvert les grands espaces, les plaines de l’Anatolie à perte de vue. C’est complètement déroutant.