Darra Mardin 56km -

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Turquie - Mardin
de Fabrice, le 09-11-2008

Darra Mardin 56km -

Levée 6h45, c’est un peu tôt, tout ça pour aller dans une caserne, je ne suis pas super enthousiaste mais une invitation ça ne refuse pas. Nous allons donc à la caserne à pied, et on nous fait monter dans la salle TV. Un officier regarde les informations. Dans la caserne, il y a 400 appelés qui viennent de se lever. L’interprète est réquisitionné pour traduire. C’est un petit soldat à lunette, en somme l’intello du groupe, il nous dit qu’il est simple soldat, qu’il fait son service pendant 5 mois et que ça le fait bien chier d’être là. Dans la salle TV, il ne se passe pas grand-chose, on attend le commandant, il se fait désirer et ça peut prendre du temps. Lucie après 20 minutes est à bout de patience : « vient on se casse, il y en a marre ». C’est vrai qu’on est pas soldat. Finalement nous allons dans le deuxième bâtiment, celui des officiers. Le commandant nous attend dans le jardin ou nous prendrons notre petit déjeuner. Sa femme a préparé un jus de groseille spécialement pour nous. Il y a aussi au menu, par personne une omelette à la feta, une assiette de légumes composée de tomate, concombre, poivron et gruyère , un jus de goyave et du thé. Le commandant est un personnage très sympathique, il est assez petit, à une coupe de cheveu à 3mm règlementaire et est kurde. Nous nous faisons servir par les autres appelés, c’est bizarre cette hiérarchie ça ressemble à des castes. Il fait un peu froid, je porte que ma polaire sans manche, le commandant me donne sa veste militaire avec ses badges brodés dessus. Pendant une heure je suis le chef de la base. C’est la première fois que je porte une veste de camouflage, je ressemble à une fougère.

L’ambiance est très agréable, le soleil brille et nous parlons de notre trajet, de nos métiers et âges (ils sont tous surpris du notre nous faisons beaucoup plus jeune surtout moi). La discussion arrive forcément à l’intégration de la Turquie en Europe. Pour ma part je suis pour, je trouve la Turquie beaucoup plus proche de nous culturellement et avec un développement économique meilleur que certains pays de l’Europe de l’est ou des Balkans. La Turquie est résolument tournée vers l’Europe mais si nous lui tournons le dos, j’ai peur qu’elle ne se dirige vers un radicalisme islamique pour se rattacher à une identité culturelle. Quand Lucie dit que ça serait une bonne chose que la Turquie intègre l’Europe, Smaël l’interprète répond aussi sec avec un petit sourire au coin que ça serait une bonne chose aussi pour l’Europe.

Le commandant est occupé, il doit partir, nous le remercions, il me fait même la bise en partant, je suis pas très fan. Juste avant de partir il débauche un soldat pour nous faire visiter Darra, après s’être changé en civil, il nous accompagne.

Darra est une ville possédant des ruines Romaines (encore) qui ont été mis à jour il y a seulement un an. L’endroit n’est pas encore connu, les fouilles ne sont pas finies. Nous visitons une nécropole, des caveaux ont été creusés dans des parois calcaires, en entrant dans les caves la poussière tombe du plafond. Les enfants du commandant nous accompagne ils nous expliquent tout l’historique du site, ils habitent le village depuis 3 ans et on suivit les fouilles avec les archéologues. C’est très intéressant. On se dirige ensuite vers un autre site plus loin dans le village. Il a été découvert un entrepôt sous terre de 30 mètres de haut. On y descend par un escalier en pierre. La salle à l’intérieur est immense, il y a des piliers énormes. Nous en avons le souffle coupé. Dans le village la noce continue, les villageois dansent encore sur la place, les mariages kurdes durent trois jours ininterrompus.
Nous voulons offrir un café à notre « guide » avant de partir. Nous prenons donc un nescafé sucré sur un carré de pelouse au soleil. Il n’y a pas d’agitation dans les alentours, l’atmosphère est calme. Nous adorons cette matinée qui ressemble vraiment à un dimanche.

Nous partons vers Mardin. C’est une ville perchée sur une colline qui possède des petites rues pavées, l’ambiance y est très détendue, les turcs se promènent ou boivent le thé sur les terrasses à la douceurs automnale. Le paysage est magnifique, la Turquie est vraiment d’une grande beauté. Après des petites courses, nous nous rendons sur le parking d’un monastère à 4 kilomètres de la ville au milieu de la montagne. On demande à la réception si on peut dormir sur le parking. La nuit tombe vite en cette saison vers 16h30 et nous devons nous arrêter tôt. Nos soirées vont être plus longues. Vers 18h le gardien nous fait une très belle surprise et nous apporte un plateau de nourriture, du riz cuit dans du bouillon, un morceau de mouton avec des pommes de terre. Comment le remercier. Nous sommes stupéfaits de la gentillesse des gens. Après avoir dévorer le repas nous allons prendre le thé avec le gardien. Il ne parle pas anglais mais nous arrivons facilement à communiquer en écrivant sur un morceau de papier. C’est un hyper actif il est gardien la nuit et ramasse des amandes la journée. A la télé, il y a l’équivalent d’une émission téléfoot, le gardien attend le résultat du match Fenerbace-Galatasaray. Nous parlons là aussi de nous et de notre voyage puis politique : toujours de l’Europe puis des problèmes des minorités kurdes et chrétiennes.

Nous prenons congé de notre hôte et allons nous coucher

Fabrice

Pour faire plaisir à ma mère, je vais vous donner mes impressions sur ce retour en Turquie, sur cette magnifique journée que nous venons de passer. En deux jours, nous venons d’être invités dans une caserne militaire à prendre le petit déj dans le jardin avec le commandant et invités à dîner par le gardien du Monastère où nous nous sommes garés pour bivouaquer. Nous avons vu des paysages splendides, des villages qui prennent le temps de vivre, les gens sont sympathiques et nous nous sentons bien dans ce Kurdistan tant critiqué. Nous qui pensions trouver le temps long en attendant nos visas pour l’Iran, nous allons même manquer de temps pour visiter tous les coins magnifiques dont regorge cette région. Les soldats nous ont dit que cette région était sensible mais qu’en tant que touristes nous n’avons rien à craindre. Nous allons donc profiter pleinement de ces instants, en croisant les doigts pour que Fabrice ait finalement son visa.

Lucie

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