Nous nous levons de bonne heure pour ranger le camion et finir les dernières réparations dans Meiwenti. A 9h, le gardien n’est pas là, pas plus qu’à 9h30 et 10h…il ne viendra pas ! Sûrement que le coup du gazoil est encore un plan foireux. Du coup, il n’ose pas venir nous chercher. Nous ne lui en voulons pas, ils ont été tellement généreux avec nous pendant ces deux jours. Notre seul problème est que nous avions RDV avec les enfants à l’école du professeur d’anglais et que le gardien devait nous y conduire. A 10h30, nous décidons de partir vers Ahlat, déçus pour les enfants et pour le professeur d’anglais. Je n’aime pas prendre des engagements et ne pas les tenir, j’espère que le professeur d’anglais comprendra.
La route jusqu’à Ahlat est rapide, nous suivons le lac de Van, la route est belle. Arrivés à Ahlat, nous sommes surpris car de premier abord, la ville semble loin d’être attirante et ne ressemble en rien à une ville touristique. Nous faisons le tour de la ville pour repérer un bivouac mais ne trouvons rien. Il y a une digue qui semblait attirante mais l’entrée est bloquée…par un terrain militaire ! Un panneau nous indique un château, nous nous y rendons. Finalement il ne reste rien du château à part les remparts. L’intérieur des remparts est occupé par quelques maisons, nous nous baladons au milieu mais l’endroit semble désert. Deux mosquées datant du XII°S semblent le seul intérêt de la balade mais elles sont fermées. Nous reprenons la voiture et allons vers un autre lieu à visiter. Ahlat est connue pour son cimetière datant du XII°S, les tombent sont éparpillées dans un immense champ, elles sont toutes sculptées à la main. Nous nous baladons encore au milieu des tombes pour donner un sens à la balade et essayer de trouver un bivouac mais sans succès. J’ai repéré une enseigne indiquant un camping et réussi à convaincre Fab d’aller se renseigner sur les tarifs.
Arrivés au camping, l’endroit est désert. En fait de camping, il y a des aménagements pour pique-niquer en été, avec une plage, un restaurant, des jeux pour les enfants. Avec le froid, le camping est fermé et personne ne semble garder l’endroit. Nous repérons un préfabriqué où à travers la fenêtre nous voyons un lit et une cuisine, sûrement le gardien. Nous nous installons, en nous disant que quelqu’un finira bien par venir nous trouver. Nous avons la vue sur le lac, l’endroit est paisible. Mais la nuit tombe et personne ne vient vers nous. Nous installons donc notre bivouac. Vers 18h, une voiture se gare à côté de nous et nous entendons des voix. Fab regarde à travers la fenêtre et voit trois jeunes dans un taxi en train de boire de la bière. Rassuré, nous reprenons notre lecture. Mais soudain, quelqu’un frappe sur la carrosserie de Meiwenti…ce sont les jeunes du taxi. Fab discute un peu avec eux et apprend que l’un d’entre eux est en fait le propriétaire du camping !! Nous sommes invités à boire un thé en ville avec eux, nous acceptons. Nous voilà partis dans le taxi jusqu’à un café. Nous découvrons le centre-ville qui est bien plus grand que nous l’avions imaginé. Dès que nous entrons dans le café, nous reconnaissons le gardien du stade dans lequel nous étions hier. Il nous dit bonjour et les gens du café sont surpris que nous connaissions déjà quelqu’un !! Une salle est réservés aux groupe avec des femmes et nous nous y installons. Des jeunes étudiants sont en train de flirter dans ce recoin du café et dans la salle principale des vieux messieurs jouent au backgammon et des jeunes jouent des airs de musique turque avec guitare et flûte. L’endroit est agréable, nous ne serions jamais venus dans un tel endroit seuls.
Nos amis sont très sympathiques. L’un est chauffeur de taxi, un autre est cuisinier dans un restaurant et le propriétaire du camping est instituteur. Ses parents sont d’ailleurs fermiers dans la banlieue parisienne ! Seul l’instituteur parle quelques mots d’anglais et nous arrivons difficilement à nous comprendre mais comme avec les gardiens de Tatvan, les gestes et les dessins nous aident bien. Nous buvons thé sur thé, nous allons encore avoir du mal à dormir ! Le chauffeur de taxi et le cuisto boivent de la bière en cachette et vont régulièrement dans le taxi pour boire une gorgée ! C’est assez déroutant, comme avec le gardien de Tatvan, de voir ces jeunes boire en cachette ! Nous rentrons à pied jusqu’au camping car l’instituteur veut nous faire visiter Ahlat. La marche est longue et le froid nous glace mais c’est sympathique de discuter avec lui. Une fois au camping, le chauffeur de taxi et le cuisto nous rejoignent et nous les invitons à boire un dernier thé (et bière) dans le camion. Ils sont sous le charme de Meiwenti et nous passons un agréable moment. Ils nous quittent vers 22h et le propriétaire du camping nous invite à rester autant de jours que nous le souhaitons dans son camping !
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