Nous partons ce matin vers le Lac de Van où nous souhaitons passer les quelques jours d’attente pour notre visa iranien. Dès la sortie de Hassankeyf, nous passons notre premier check-point mais le militaire nous fait signe de passer sans contrôle. La route reliant Hassakeyf à Tatvan est comme partout en Turquie en travaux sur une grosse portion du trajet. La route est bordée de casernes militaires et tous les 500m il y a une petite cabane militaire perchée sur le haut de la route. Décidément, cette région est vraiment militarisée et nous décidons de ne pas trop nous attarder pour arriver avant la nuit à Tatvan. Les paysages du Kurdistan sont magnifiques, nous traversons des vallées très vertes où les moutons broutent leurs derniers brins d’herbe avant la fête du mouton qui aura lieu début décembre. Nous nous arrêtons pique-niquer au soleil le long du petite rivière. Malheureusement, en s’approchant, la vue donnait plus sur une décharge que sur la rivière et en se retournant nous nous apercevons que juste au-dessus de nous deux militaires sont en train de boire le thé dans leur cabane. Nous les regardons mais ils ne nous disent rien, nous décidons donc de rester.
En arrivant vers Tatvan la route se fait de plus en plus laborieuse. Les travaux bloquent la route et nous devons parfois attendre plus de 20mn que les tractopelles dégagent la route. Finalement, nous arrivons à Tatvan. Notre première impression est assez mitigée. Tatvan est une ville peuplée et les bords du lac sont à priori réservés aux piétons ou privés. Nous tournons dans la ville pour trouver un bivouac mais ne trouvons rien. Le moral se détériore…il nous faut rester dans cette ville deux jours sinon nous arriverons trop tôt à Erzurum où nous devons récupérer nos visas. Erzurum est la ville la plus froide de Turquie et la ville où les femmes sont le plus voilées. Nous n’avons pas du tout envie de traîner plusieurs jours là-bas. Finalement, avec de la persévérence, nous trouvons un parc qui donne sur le lac et les rues qui bordent le lac sont désertes. Nous décidons donc de nous installer là pour passer la nuit. Nous nous baladons autour du lac mais la température frôle les 5°C, nous avons froid ! Les abords du lac sont entourés de montagnes enneigées. Alors que nous préparions le bivouac, un homme nous aborde et se présente comme le gardien du parc. Il nous propose de garer la voiture dans le jardin de la maison des gardiens, où nous serons en sécurité et au calme. Nous acceptons, heureux d’être débarassés de cette question de la sécurité car depuis notre arrivée au Kurdistan, nous ne passons pas une nuit sans surveillance. Non pas que nous avons peur, mais une voiture étrangère au milieu de nulle part parait louche, notre expérience à Hassankeyf le montre. De plus, nous sommes toujours questionnés dès que la nuit tombe et si quelqu’un nous prend sous sa sécurité nous ne sommes plus embêtés.
Nous voilà donc garés dans le jardin de la maison des gardiens, où nous sommes directement conviés pour nous réchauffer et boire le thé. Les gardiens sont quatre, trois kurdes et un turc. Ils ne parlent pas anglais mais avec les gestes, les quelques mots de turc que nous avons appris et leurs quelques mots d’anglais nous arrivons à discuter. Ils ont tous des personnalités bien distinctes et nous rigolons beaucoup. Finalement, nous décidons de manger tous ensemble, je prépare dans la voiture les morceaux de mouton que nous avions acheté avec quelques légumes et de leur côté, ils préparent une salade de crudités et des œufs. L’un des gardiens reste dans Meiwenti avec nous pendant que nous cuisinons et nous bavardons. Ils trouvent Meiwenti super et l’inspectent de près. Nous passerons donc la soirée en leur compagnie.
L’un des gardiens a son père qui conduit des ferryboat entre Tatvan et Van. L’essence étant beaucoup moins chère à Van (grâce à la contrebande avec l’Iran), il nous propose de partir avec son père jusqu’à Van en Ferry, de faire le plein et de revenir. L’idée est séduisante mais pose de nombreux problème et préférons déclinons l’invitation. Déçu, le gardien nous propose de faire le plein d’essence pour la moitié du prix chez un ami à lui. Nous ne comprenons pas vraiment mais finissons par accepter. Nous pensons aller dans une station-service où en dessous de main il y aurait de l’essence moins chère. Mais nous nous retrouvons devant un Internet café ! Le gardien descend et va discuter avec un homme à l’intérieur du cybercafé. Nous ne sommes pas à l’aise et espérons que tout cela se finira vite ! Finalement, il n’y a plus d’essence (ouf !) et nous rentrons nous coucher dans le jardin. Il fait 1°C dehors, 8°C dans Meiwenti…la nuit sera froide !