Damas Maaloula – 70km

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Syrie - Damas
de lucie, le 19-10-2008

Damas Maaloula – 70km

Après avoir fait une nuit blanche au Mont Kassioun, à cause de jeunes qui n’avaient pas trouvé mieux que de coller leur voiture à Meiwenti, d’hurler et de se battre en se plaquant contre les portes arrières de notre camion et ce jusqu’à 3h du matin, nous sommes matinaux pour une fois et décidons d’aller voir si l’Ambassade d’Iran est ouverte pour faire notre demande de visas. Cela peut surprendre…un dimanche me direz-vous ? Le wk en Syrie est le vendredi et samedi, il est donc logique qu’un dimanche l’Ambassade soit ouverte ! Grâce aux indications de Bénédicte la veille, nous trouvons sans trop de difficulté l’Ambassade, qui se trouve juste à côté de l’Ambassade du Canada. Les femmes qui entrent sont voilées en noir, le vigil me demande de me couvrir la tête. J’avais prévu et me recouvre donc d’une écharpe. Oui, je n’ai pas encore franchi le cap d’acheter un foulard donc pour le moment une écharpe me sert de foulard. Nous entrons, il y a peu de personne et nous obtenons rapidement nos formulaires à remplir :
- quelle est votre profession ?
- combien pensez-vous dépenser en Iran ?
- pourquoi venez-vous en Iran ?

Bref une page A4 recto-verso de questions sur nos motivations à visiter l’Iran. Nous rendons notre formulaire et l’homme à l’accueil nous fait entrer dans les locaux de l’Ambassade pour prendre nos empreintes. Quand je dis prendre nos empruntes, je suis sûr que les grands criminels en France sont moins fichés que nous, touristes, faisant une demande pour entrer en Iran ! L’homme prend les empruntes à Fabrice, chaque doigt de chaque main, puis la main en entier, puis juste le pouce ! Les iraniens ne touchant pas les femmes, c’est Fabrice qui est chargé de m’aider à prendre mes empruntes ! Il était tellement compétent que les hommes de l’Ambassade ont voulu l’embaucher ! Une fois la prise d’emprunte finie et s’être lavés les main (mais je pense qu’ont va avoir de l’encre sur les main pendant au moins une semaine), nous sommes invités à nous asseoir. J’avais les mains mouillées et le consul à tendu une boîte de mouchoirs à Fabrice pour qu’il me la donne…bon les gars je suis une femme, certes, mais j’ai pas encore la galle donc vous pouvez me donner directement l’objet ça sera plus simple quand même ! Le consul apporte les pistaches iraniennes (une délice) et nous invite à nous goinfrer ! Nous picorions quelques pistaches mais le consul nous a demandé de manger…nous avons mangé !

Pendant notre festin de pistaches (merci aux contribuables iraniens), nous avons quand même eu le droit à un petit entretien : pourquoi aller en Iran ? Vous êtes photographes ? heu…non, on est touristes ! Bref il a fallu expliquer que Fabrice était ingénieur, que nous avons pris une année sabbatique pour voyager et que nous allons en Inde ! Convaincus ou pas…ils nous ont donné encore des poignés de pistaches et nous ont dit de revenir dans 15 jours pour savoir si les visa nous étaient accordés. Les hommes ont serré la main à Fabrice, et moi un petit signe de la main , toujours avec le sourire ! Nous sortons, un peu stressés de savoir si nos visas seront acceptés ! Ca serait vraiment un coup fatal au voyage…mais restons optimistes car d’après l’homme à l’accueil les visas sont en général accordés.

Nous quittons Damas, pas fâchés de partir de cette ville tentaculaire où le silence est inconnu : direction Maaloula, la ville où les gens parlent encore l’araméen, la langue que parlait Jésus (enfin, il parait !). La ville en elle-même n’a rien de bien attrayant mais les monastères qui la surplombent sont gigantesques. Nous visitons le monastère de St Serge, qui a été construit au IV siècle, une des plus anciennes églises au monde. La messe est toujours célébrée en araméen mais plus personne ne vit dans le couvent. De là, nous partons à pied vers le couvent de St Thècle, par un chemin qui descend entre deux falaises…assez impressionnant. Une fois au monastère, la vue sur Maaloula est charmante : des maisons de toutes les couleurs sont accrochées à flan de falaise.

Après avoir fait le plein d’eau, nous trouvons un bivouac sur le plateau qui domine la ville de Maaloula. Nous en profitons pour faire une bonne toilette à Meiwenti car les 17 jours que nous avons passé en France ont été fatals à sa propreté ! Une tempête de sable a du sévir à Damas car nous avons retrouvé notre camion avec quelques cm de poussière au sol. Nous étions tranquillement en train de jouer aux cartes à la nuit tombée, lorsqu’un homme a arrêté sa camionnette à côté du camion et s’est mis à nous appeler. Fab a passé la tête par la fenêtre, pas rassuré par l’attitude de l’homme. Ce dernier nous a dit que l’endroit n’était pas sûr et nous a conseillé de bien nous enfermer dans la camion. Fab lui a dit que nous étions enfermés et l’homme est reparti. L’homme avait une attitude étrange et les yeux rouges…au lieu de nous avoir mis en sécurité, l’homme nous a foutu les jetons. Mais nous sommes restés à la même place toute la fin de l’après-midi et nous n’avons pas du tout été embêtés. Nous décidons donc de prendre cette petite intrusion à la légère tout en restant attentifs.

Lucie

Minuit :
Trois hommes en treillis sortent d’une voiture civile et klaxonnent. Prudent j’entame une discussion à travers la portière. Ils ressemblent fort à une milice, mais ils n’ont pas d’arme. On n’arrive pas à se comprendre, je ne sais pas ce qu’ils veulent ils ont pourtant bien compris qu’on était des touristes étrangers et qu’on dormait dans le camion. Un des hommes qui a un membre de sa famille qui habite Nancy, débloque la situation en disant « Pas bien » et désignant notre emplacement. On doit partir je me mets en route Meiwenti, les trois hommes repartent toujours avec le sourire. On ne sera jamais pourquoi on devait partir, l’endroit était il trop dangereux pour nous ou est ce qu’on dérangeait ? Nous partons pour Maaloula, sur le chemin on voit 4 voitures qui roulent en convoie avec les warning...bizarre, nous laissons de la distance. Nous passons la nuit sur le parking du monastère, et oui le bâtiment sacré en pierre a quelque chose de rassurant, voir de protecteur.
On se rend compte que beaucoup de choses nous échappent dans ce pays. On a l’impression étrange d’être en complète sécurité la journée : presque aucun risque d’agression et de vol mais des milices armées qui se baladent de partout.

Fabrice

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