Mardi 19 mai 2009
Delhi – Amritsar 500kms
Nous nous levons de bonne heure car aujourd’hui nous quittons Delhi et reprenons la route. Nous sommes très excités à l’idée de partir, voilà un mois que nous sommes coincés à Delhi dans l’attente de notre visa iranien mais n’ayant toujours pas de nouvelles de la part de l’agence iranianvisa.com, nous partons vers Islamabad où nous pouvons faire notre visa sans lettre d’introduction. Nous faisons nos au revoir à la famille Bufard, nous sommes tristes de les quitter, voilà un mois que nous vivons ensemble, que nous partageons nos joies et nos peines et c’était comme une petite famille à Nehru Park.
La route est longue jusqu’à Amritsar mais nous roulons d’une traite. Nous nous faisons enquiquiner pour les dernières fois aux péages, risquons encore quelques accidents mais nous nous en fichons, nous quittons l’Inde. Nous sommes tellement excités d’aller vers d’autres horizons mais à la fois un peu inquiets de rester 15 jours au Pakistan. Avec les combats qui s’intensifient dans la vallée de la Swat, nous ne sommes pas sûrs de pouvoir aller nous balader dans le nord. Après 5 mois en Inde et Népal, j’ai comme un petit pincement au cœur à l’idée de partir mais avec le recul je crois que c’est plus un grand soulagement. Nous aurons vu de belles choses en Inde mais le pays nous a tellement étouffé que nous étions vraiment à cran les dernières semaines.
Nous arrivons juste à temps pour assister à la très réputée « cérémonie du drapeau » à la frontière entre l’Inde et le Pakistan. Tous les soirs, juste avant le coucher du soleil, des soldats indiens et pakistanais se retrouvent à la frontière pour une cérémonie emprunte de nationalisme et d’orgueil. Deux portails surmontés des drapeaux de chacun des pays divisent les deux peuples. Les centaines d’indiens présents ce jour là font face à la dizaine de supporter pakistanais. Chaque camp encourage ses propres soldats en dansant, hurlant, en tapant des mains et sautant de partout. Les gens sont ultra excités, venir à cette cérémonie est une étape sûrement très importante dans la vie d’un indien !! Grâce à notre statut d’étranger, nous avons l’accès aux gradins VIP et pouvons assister aux premiers rangs à la cérémonie. Les gradins sont bondés, les gens hurlent, la scène est impressionnante. Sur un ordre lancé depuis chacune des salles de garde, les escadrons entament un défilé au pas cadencé devant leur supporter respectif. Chaque soldat tape du pied, hurle, puis va se ranger face à l’adversaire. Les portes s’ouvrent brutalement entre le Pakistan et l’Inde, les soldats échangent un brève poignée de main et se plantent devant leurs drapeaux respectifs. Puis les drapeaux sont lentement abaissés de manière à ce que les drapeaux soient toujours au même niveau, pour ne pas insulter la supériorité de l’un ou l’autre des pays. A la fin de la cérémonie, les gens sautent des gradins et se bousculent pour aller se faire photographier avec les soldats. Nous sommes abasourdis par l’existence d’une telle cérémonie, qui met en relief l’immense compétition qui existe entre ces deux pays.
Nous passerons notre dernière nuit en Inde sur le parking qui jouxte la frontière, parking réservé aux bus qui arrivent par dizaine assister à la cérémonie de la frontière. Mais la nuit, l’endroit redevient calme et nous pouvons tranquillement passer la soirée. Comme depuis 5 mois, deux hommes en mobylettes essayerons de nous virer du parking puis de nous vendre à manger et à boire. Mais pour cette dernière nuit, nous nous moquerons d’eux avant de les envoyer promener. Personne d’autre ne viendra nous déranger…
Lucie
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PAKISTAN
Mercredi 20 mai 2009
Amritsar – Islamabad 400km
La frontière n’ouvrant qu’à 10h, nous pouvons prendre notre temps. A 9h45 nous sommes devant les grilles, première voiture à passer, nous espérons donc que les douanes ne mettront pas trop longtemps. Nous en profitons pour faire le plein d’eau et des curieux se planteront devant la voiture, comme d’habitude. Les gens travaillant à la frontière voit au moins une voiture étrangère par semaine en ce moment mais ils sont toujours autant curieux ! A 10h, les portes s’ouvrent et nous nous engouffrons dans les douanes. L’immigration se passe bien pour moi mais Fabrice rencontre un sérieux problème. Lorsque son visa pakistanais a été fait, le consul lui avait d’abord accordé un visa avec un délai de deux mois pour entrer au Pakistan avant de se rétracter et de lui accorder trois mois comme nous l’avions demandé. Au lieu de refaire le visa, il a simplement transformé le 5 de mai en 6 pour juin ! Les douaniers indiens ont d’abord cru qu’il avait lui-même falsifier son visa avant de croire notre version. Heureusement que mon visa a été écrit juste après le sien et que le mien n’était pas raturé. Puis nous avons du attendre que l’officier fainéant en charge de la fouille des voitures finisse son petit déjeuner. Nous avons le droit à une rapide fouille, ouverture de quelques placards et le carnet de passage est douane est signé ! ¾ heure plus tard…nous quittons l’Inde et entrons au Pakistan.
Des sourires nous accueillent, nous connaissons les douanes et allons directement dans le bon bâtiment pour remplir les formalités pour nous et Meiwenti. Malheureusement, une coupure d’électricité nous empêche de finir les formalités. Nous perdons une bonne demi-heure mais aucun soucis à déclarer du côté pakistanais. La fouille est un peu plus longue, le douanier fouille surtout mes affaires, mon placard, la trousse de toilette etc à la recherche de drogue. Il pose beaucoup de questions sur les médicaments trouvés dans notre trousse de toilette mais il finit par lâcher l’affaire. Le matin même, il restait à Fab une demi bouteille de vin rouge entamée pour notre dernière soirée à Delhi et un fond de rhum. Nous avons tout jeté du côté indien avant de passer la frontière car l’importation d’alcool est interdite au Pakistan. Le douanier pakistanais demande à Fabrice si nous avons de l’alcool. Nous répondons négativement et nous devons ouvrir le frigo, les placards et les coffres pour voir si nous avons de l’alcool…heureusement que nous avons tout jeté !! Le douanier n’a rien à nous reprocher et nous signe notre carnet de passage en douane…welcome to Pakistan !!!
La route est neuve de l’autre côté de la frontière et nous connaissons la route. Malheureusement, une fois rejoins le canal qui nous mène à Lahore, la route est barrée et en reconstruction. Nous devons passer dans des quartiers populaires où aucune indication n’est écrite en anglais, où les gens ne comprennent pourquoi nous sommes là et les rues sont très étroites. Quelle galère ! Nous perdrons deux heures pour rejoindre Lahore mais l’autoroute qui nous attend à la sortie de Lahore est tellement belle que nous oublions ces heures perdues. Nous devons absolument être ce soir à Islamabad pour lancer demain nos visas iraniens. L’ambassade est ensuite fermée du vendredi au lundi, nous perdrons encore 3 jours supplémentaires si nous n’arrivons pas à Islamabad ce soir. Mais l’autoroute est digne de nos autoroutes européennes, après l’Inde cela fait un choc. La route ne traverse pas de villages, personne de roule à contre-sens, il n’y a pas de charrettes au milieu de la route ou de piétons qui traversent en plein milieu de l’autoroute. Nous roulons à 120km/h, chose qui ne nous était sûrement pas arrivés depuis la France ! Nous avalons les 400kms qui nous sépare de la capitale pakistanaise et nous arrivons comme prévu avant la nuit à Islamabad.
Islamabad est une ville nouvelle et construite pour les voitures. Les avenues sont larges, les distances longues mais ça roule vraiment bien. Tout est écrit en anglais, on se croirait dans une villes américaine. Nous n’éprouvons aucune difficulté à nous repérer et trouvons après un petit détour le camping réservé aux touristes « Islamabad Campsite », qui se situe juste à côté du « Jasmine and Rose Garden ». Les québécois, Marie-Claude et Jonathan sont là, les autres français sont partis la veille. Le camping est ombragé, mais l’eau et l’électricité ont été coupé depuis quelques jours, le camping est donc gratuit. Juste en face se trouve des supermarchés, des boutiques de fringues pakistanaises, bref tous les commerces dont nous avons besoin se trouvent à proximité. Nous passons la soirée avec nos amis québécois mais nous sommes fatigués après avoir tant roulé en deux jours.
Lucie
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Jeudi 21 mai 2009
Islamabad
Nous passons la matinée à faire les démarches nécessaires à la demande de nos visas iraniens. Nous n’avons pas pu retirer assez d’argent avec la VISA (attention les distributeurs au Pakistan limitent les retraits journaliers à 5000 rps pakistanaises avec la VISA), nous partons donc dans un premier temps en voiture à la recherche d’un distributeur qui accepte les Mastercard. Mais à la Standards Chartered (seule banque où l’on arrive à retirer) le distributeur est vide. Nous essayons donc de trouver un bureau de change ouvert mais à cette heure là ils sont tous fermés. Heureusement que les déplacements dans Islamabad sont vraiment simples en voiture. Enfin, après une heure de recherche, nous dénichons un changeur ouvert. Notre argent en poche, nous partons vers Diplomatic Enclave, où sont regroupées toutes les ambassades.
Due à la situation politique tendue au Pakistan, et pour des mesures de sécurité, toutes les ambassades sont regroupées dans un seul et même quartier. Des check-post sont placés à chaque entrée et il est interdit aux particuliers de rentrer dans ce quartier en voiture. Nous tentons de garer la voiture devant Diplomatic Enclave et d’aller à l’ambassade à pied mais nous sommes refoulés. Nous devons aller à 10km de là, où une navette nous emmènera dans l’ambassade de notre choix. L’heure tourne et nous voilà partis prendre un bus alors que nous sommes à 100m de l’ambassade, quelle entourloupe ! Nous devons payer le parking, puis le bus une vrai fortune pour le Pakistan. Le terminal du bus est sous haute sécurité, aucun sac n’est autorisé dans Diplomatic Enclave et nous sommes fouillés au corps avant d’entrer dans le terminal du bus. A 11h30, nous voilà enfin à l’ambassade ! Nous rédigeons nos applications puis l’homme au guichet nous dit d’aller payer nos visas dans une banque qui se situe en dehors de Diplomatic Enclave. Maintenant que nous avons payé une fois la navette, nous pouvons sortir et entrer à pied sans problème ! Il fait une chaleur étouffante et un anglais qui travaille en ambassade et qui passait par là à pitié de nous, il nous dépose en voiture à la banque. Nous devons ensuite payer des frais à la banque pour faire déposer notre liquide sur le compte de l’ambassade d’Iran…c’est vraiment la mafia ce quartier des ambassades ! Bref, après une matinée à courir dans tous les sens, notre demande de visa est déposée, nous devons attendre entre 10 et 15 jours.
De retour au camping, les québécois nous expliquent que les pakistanais, malgré le fait que l’alcool soit interdit, fabriquent eux-mêmes leur propre marque de bière et qu’il existe une brasserie dans Islamabad. Nous trouvons ça marrant d’aller visiter la brasserie (d’autant plus qu’il n’y a pas grand-chose à faire à Islamabad) mais il nous faut un permis spécial. Nous partons en mini-bus à la taxation Office où sont délivrés les permis. Arrivés là-bas, le bureau est fermé depuis plus d’une heure mais en nous voyant les fonctionnaires nous font asseoir et en moins d’une demi-heure nous délivrent nos permis, qui nous permettent également d’acheter des bières. Nous visiterons la brasserie au retour de la Karakorum Highway (KKH).
Nous passons le fin d’après-midi à faire quelques courses dans le quartier commerçant en face du camping et passons quelques instants sur Internet avant qu’une coupure d’électricité viennent couper court à notre mise à jour du site.
Lucie
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