Mirjaveh-Dalbandin 330km

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Pakistan - Dalbandin (Balouchistan)
de Fabrice, le 18-12-2008

Mirjaveh-Dalbandin 330km

Levés à l’aube, une grosse journée nous attend : deux frontières à passer et 300km de route. A 7h 30 nous sommes prêts mais l’escorte n’est pas là. Je vais à l’accueil de l’hôtel pour les prévenir, le réceptionniste appelle la police. Finalement se sera un soldat qui nous accompagnera sur les 3km de route pour aller jusqu’à la frontière. Un peu frustrant cette demi heure d’attente pour avoir un soldat dans notre voiture mais nous n’avions pas le choix. A la frontière iranienne, le concours d’obstacles commence. On enregistre nos passeports au bureau des douanes. Puis nous allons dans le bâtiment pour faire signer le carnet de passage en douane. Le premier fonctionnaire contrôle nos véhicules, numéro de châssis et plaques d’immatriculation. Il passe le relais à un de ses collègue pour nous enregistrer dans l’ordinateur. Ce dernier pose les carnets sur une table derrière lui et ne fait rien. On essaye de le secouer, il nous répond qu’il attend son chef. Il arrive une demi heure plus tard, rentre dans le bureau et ressort une seconde après. Le fonctionnaire s’atèle à la tache. Le carnet est ensuite passé à un autre fonctionnaire, qui nous enregistre une nouvelle fois dans l’ordinateur et nous met enfin le coup de tampon de sortie.
Nous croisons un couple de Hollandais qui revient du Pakistan, on prend des infos. Ils n’ont pas eu de sentiment d’insécurité, la route du nord est dégueulasse, c’est des cailloux. Cela me réconforte dans mon choix de la route du sud, plus longue mais plus prudente.

Juste devant la barrière de sortie, il faut se garer et redonner les numéros de passeport et du véhicule pour la 6ème fois. Ca prend 20 minutes, ils ne sont pas très efficaces ces iraniens, ils ne peuvent pas nous enregistrer une seule fois. Un douanier entre dans le van mais ressort deux secondes après sans avoir ouvert un placard, ouf nous évitons une fouille !

Nous quittons l’Iran, je me déporte à bâbord, je croise la route, ça y’est je conduis à gauche. Lucie fait tomber immédiatement son voile de ses cheveux, ça la démangeait trop depuis un mois, depuis qu’on était entrés en Iran en fait. La frontière Pakistanaise est désolée, il y a au loin la ville de Taftan et aucune barrière à l’horizon. Je n’ai jamais vu un frontière comme ça. Un douanier nous fait signe, nous nous garons et allons dans une petite maison en brique défraîchie. On dirait une grange. A l’intérieur, nous remplissons une fiche, le douanier nous enregistre sur l’ordinateur, une petite photo sur une webcam et hop un coup de tampon sur le passeport. Le carnet de passage en douane est tout aussi rapide, un fonctionnaire sort un énorme cahier, il rempli les lignes et tamponne le carnet. Les douanes sont expédiées en 30 minutes. Avec l’heure et demi de décalage horaire il est déjà 12h et il nous reste 300km à faire avant la nuit.

La ville de Taftan ressemble à un énorme chantier, l’air est glacial, il y a de la poussière partout. On essaye de changer de l’argent, les changeurs à la sauvette ne nous inspirent pas confiance. La banque national du Pakistan où il règne une ambiance western (une énorme grille en fer protège le coffre et un flic fusil à l’épaule fait le portier) ne pratique pas le change. Je déambule dans les rues demandant à des hôtels et des commerces pour changer de l’argent. Cela me mène au bazar et à un vieux monsieur installé à son bureau sur une paillasse qui change le dollar. Le change n’étant pas très haut, je convertis 20 dollars. Sur le retour j’achète des chapatis à un marchand, histoire aussi de vérifier si les billets que j’ai acheté sont bons.

Les pakistanais nous sourient dans la rue, il parle à Lucie, on se sent dans notre élément, nous avons quitter le Proche-orient pour entrer en Asie. Nous partons en direction de Dalbandin. La route longe la voie de chemin de fer, elle est bonne et large. Nous allons assez vite pour ne pas trop traîner sur la route réputée comme l’une des plus dangereuses du monde en terme d’insécurité : il y a des trafiquants de drogue et des attaques. Au check point on doit écrire nos noms et nos numéros de passeports. On jette un rapide coup d’œil sur le carnet emballé dans un papier journal. Il passe en moyenne un à deux étrangers par semaine, la majorité sont des français, je n’aurai jamais cru. Mais les dernières personnes à être passées, sont passées il y a 18 jours maintenant, nous sommes en basse saison.

Les camions Pakistanais sont magnifiquement décorés : entièrement peints avec un énorme bouclier à l’avant. Les routiers nous accueillent toujours avec de grands sourires et des appels de phares. Le paysage est superbe, nous traversons un désert de pierre et de sable. Il y a quand même beaucoup de passage sur la route. Nous croisons un convoi lourdement armé et protégé par des mitrailleuses, c’est chaud. Nous arrivons à Dalbandin vers 17h, grâce aux informations recueillies sur les blogs des autres voyageurs nous savons que nous pouvons dormir à deux km à l’extérieur de la ville au custom office de la police. Elle loge dans un caravansérail. L’endroit est sympa et gardé.

Avec Lucie nous repartons faire des courses en ville. Nous demandons notre chemin au Baloutches, l’anglais est appréciable, ici tout le monde connaît quelques mots. Je trouve de la bière avec un peu de difficulté dans une épicerie mais après un mois de prohibition j’étais surmotivé. De plus si je ne trouve pas mon père va me charrier en disant qu’il plus malin que moi, lui il en trouve partout dans le monde, même en Iran il y serait peut être arrivé. Lucie cherche ensuite des brochettes . Un passant nous emmène devant un poulet vivant. Merci mais ce n’est pas exactement ça qu’on cherche, quoi je n’ai pas encore utilisé ma hache. Toujours grâce à l’aide des passants, on trouve un vendeur de Kebab (et oui c’était le mot, on y avait pas pensé), un réfugier afghan de la guerre contre les russes. Il nous bichonne 8 brochettes de mouton. On est super contents de notre escapade en ville, on a vraiment l’impression de changer de décor et de découvrir des nouvelles atmosphères et ambiances.
Le soir je remplis mon réservoir avec les deux jerricans d’essence que j’avais mis en réserve sur le toit. Je suis bien content de m’en débarrasser, cela coulait depuis Ispahan et ça dégueulassait le toit de Meiwenti.

(pour info il y a une station essence qui vend du gasoil à Dalbandin à 65 roupies le litre et le super est au marché noir, il y a des vendeurs de bidon sur toutes la route).

Nous nous reposons en attendant demain, une autre longue journée.

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