Poon Hill Trek

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Népal - Trek Anapurma
de Lucie, le 30-03-2009

Poon Hill Trek

TREK
Samedi 28- Dimanche 29- Lundi 30 mars
JOUR 1 : Nayapul Gandruck

Nous quittons le camping pour aller mettre la voiture en sécurité dans le parking de la police touristique. Puis un taxi nous emmène au nord de la ville, à la station des bus où un bus est sur le point de partir pour Nayapul. Deux heures et quelques frayeurs plus tard, le bus nous dépose dans le tout petit village de Nayapul d’où part le trek de Poon Hill. Nous devons marcher 15min jusqu’à Birethani puis passer les différents check post. Nous devons montrer nos permis de trek, la carte TIMS car nous n’avons pas de guide et nous enregistrer dans les différents cahiers de passage. Au moins nous sommes tracés, en cas de soucis c’est plutôt rassurant.

Le trek commence doucement, je range même les bâtons plus encombrants qu’autre chose. Nous traversons de petits villages où chaque maison est transformée en lodge ou restaurant. Je ne sais pas comment font les gens pour vivre ici car la concurrence est rude. Nous pique-niquons près de la rivière, deux gamines viennent jouer à deux mètres de nous espérant quelques gâteaux ou autres sucrerie. Nous remarquons que très peu, voir aucune personne n’est en trek sans guide. Pour le moment on est confiants. Au moment de repartir, Fab a un doute sur les clés de voiture. Nous les cherchons partout, sans succès. Fab s’est changé dans un village car il avait trop chaud. En enlevant son pantalon il a du faire tomber les clés. Nous sommes à peine à 30min de marche du village, Fab décide de retourner voir. Je reste avec les sacs près de la rivière tandis que Fab se retape la marche dans l’autre sens. Au bout d’une heure il revient bredouille…nous avons perdu les clés ! Heureusement, j’ai un double des clés mais nous stressons un peu. La voiture se situe juste en face du permis des treks à Pokhara soit un passage obligé pour les gens qui marchent ici. Je temporise en disant que les étrangers ne seront que faire de Meiwenti et que les locaux ne vont pas à Pokhara et ne seraient également que faire de Meiwenti ! Nous reprenons notre trek mais ça commence mal.

A une intersection nous demandons à un guide le chemin pour Gorepani. Le guide esquisse un sourire et nous indique que Gorepani se situe de l’autre côté de la montagne, soit à l’opposé d’où nous sommes. Nous avons pris le mauvais chemin depuis le début du trek. L’erreur n’est pas grave car nous ferons simplement la boucle dans le sens inverse que celui que nous avions prévu. Fab est troublé, lui qui n’a jamais l’habitude de se perdre ! L’erreur n’a pas de conséquence mais dans l’Himalaya elle aurait pu en avoir. Nous ne comprenons pas où nous avons fait l’erreur car pour nous il n’y avait qu’un seul chemin possible.

Nous continuons notre chemin, ça grimpe dur. Le sentier de rando se transforme en escalier de pierres qui ne s’arrêtera plus. Nous traversons des champs en terrasse et l’escalier nous permet de ne pas marcher dans la terre. L’effort est intense et l’orage menace. Fab porte un sac d’environ 13kgs et moi 8kgs. Les escaliers nous cassent les jambes. Soudain, l’orage éclate. Le temps de nous mettre à l’abris nous sommes rincés ! Sur des kms nous montons la montagne en ligne droite, 1000m de dénivelé aujourd’hui, pour une mise en jambe c’est intensif. Le paysage est grandiose et nous avons l’impression d’avoir mis notre vie au Népal entre parenthèse. Le paysage est splendide, les gens nous disent « namaste » et nous offrent des sourires, les gamins nous saluent au lieu de quémander, le lieu est reposant et calme. Bref nous sommes comblés.

Nous arrivons avec le coucher du soleil à Ghandruk. Nous trouvons un lodge avec une petite chambre sur le toit qui donne une belle vue sur la montagne. Le soir nous mangeons dans une petite pièce où s’entassent déjà une dizaine de jeunes américains parlant népalais, sûrement des étudiants d’échange, ils me font penser au Rotary. Nous avons l’impression d’être dans un refuge de montagne dans les Alpes, il ne manque que la Tartiflette, remplacée par une succulente soupe de patates et des nouilles sautées. Cette première journée, malgré quelques ratés, est une vrai partie de plaisir.

Lucie

JOUR 2 : Ghandruck Gorepani
Une vue splendide s’offre à nous dès le réveil, l’Annapurna South (7219m) et le Machhapuchhre (6997m) se dévoilent dès que nous ouvrons un œil. L’endroit est magique et nous resterions bien là la journée entière à admirer les plus hauts sommets du monde. Une longue journée de marche nous attend et nous devons bientôt nous mettre en route, après un copieux petit déjeuner. L’escalier que nous avions quitté la veille est toujours là, il nous attend dès 8h du matin et nous casse les jambes dès les premiers mètres parcourus. Nous grimpons dans des villages qui se situent à quelques heures de marche de la première route. Les sherpas portent les sacs des touristes peu scrupuleux et trop fainéants ou trop chargés pour porter eux-mêmes leur sac. Des ânes portent les provisions pour ravitailler les villages mais il nous arrive de croiser des vieux villageois chargés de légumes qu’ils traînent depuis de nombreuses heures. La vie est rude par ici, sûrement très rude lorsque les températures sont moins clémentes.

Notre rythme, une fois trouvé, est assez bon et nous engloutissons les marches qui nous rapprochent un peu plus du sommet. De nombreuses bifurcations nous laissent dubitatifs sur le chemin à prendre. Nous devons demander notre chemin mais l’endroit n’est pas très fréquenté. Les chemins ne sont pas balisés et la carte que nous avons a des erreurs, il est donc parfois difficile de se repérer. Nous réalisons également que le dénivelé est beaucoup plus dur dans le sens dans lequel nous parcourons la boucle. Nous montons jusqu’à 2600, puis redescendons la montagne jusqu’à 2200. Une fois en bas, un escalier nous conduit à 3000m, le point le plus haut de la journée d’aujourd’hui. Nous sommes épuisés. Heureusement que nous avons les bâtons qui m’aident à monter. Des japonais, que nous croisons dans le sens inverse au nôtre, rigolent en nous voyant effectuer le trajet dans l’autre sens. Un des hommes croit bon de nous prévenir que la montée est très longue et très raide. Nous le croyons sur parole, nous savons le dénivelé à accomplir aujourd’hui. Je n’ai jamais fait une marche si difficile mais nous sommes contents de constater que nous avons quand même une bonne condition physique malgré un mois sans marcher.

Vers 16h nous arrivons à 3000m. Le paysage est somptueux, grandiose, bref une belle récompense pour tous ces efforts. Il fait froid et l’orage menace mais nous prenons quelques photos sous les drapeaux à prière. Des guides nous demandent d’où nous venons et lorsque nous disons Ghandruk, leurs yeux nous regardent avec respect : il faut normalement deux jours pour faire Ghandruk-Gorepani mais nous aurons avaler les marches en une seule journée. Nous voulions absolument arriver à Gorepani ce soir car l’endroit est réputé pour ses vues splendides sur les Annapurna sur la colline de Poon Hill.

Nous nous installons dans un Lodge qui est sur le chemin pour la colline de Poon Hill où nous nous rendrons de bonne heure demain matin. L’endroit semble bien fait de l’extérieur mais les murs sont en bois à l’intérieur et chaque bruit résonne. Mais la vue de notre chambre est excellente. Il y a même la douche très chaude dans la salle de bain commune, rien de tel pour se remettre d’une dure journée de marche !!

Lucie

JOUR 3 : Gorepani Poon Hill Nayapul
4h45 : le réveil sonne alors que dehors il fait encore nuit noire. Seules quelques lampes torches que nous voyons passer sous notre fenêtre viennent troubler la noirceur de la nuit. Je secoue Fabrice, nous avions convenu d’aller voir le lever du soleil à Poon Hill. Dehors il ne fait pas si froid mais l’altitude et les courbatures de la veille nous gèlent. J’ai du mal à avancer et le sentier qui monte à 3210m me parait insurmontable. Nous arrivons au sommet avec le jour, juste à point pour voir la vue exceptionnelle que les Annapurna nous réservent ce matin : Annapurna I (8091m), Annapurna South et Machhapuchhre semblent flotter sur la mer de nuage qui stagne à leur pied. Des dizaines de touristes sont là mais l’endroit reste magique. Nous resterons là, ébahis, une bonne heure avant de reprendre le chemin du retour.

Aujourd’hui nous hésitons : soit faire une journée de plus dans la montagne soit rentrer à Pokhara. Nous avons sous-estimé la difficulté du retour. L’escalier est encore et toujours là mais en descente. A priori c’est plus facile mais au bout de plusieurs heures de descente à pic nous avons les jambes qui flageolent. Fab se chope une tendinite au genou et a du mal à descendre. Le trek en ferait pâlir le sentier des montagnes jaunes (petite référence à ceux qui connaissent !! c’est un coup à marcher en canard pendant plusieurs jours !) ! La descente est moins impressionnante que les paysages que nous avons traversé les deux premiers jours. La forêt dense laisse la place aux champs en terrasse et nous retrouvons les lodges et restaurant dans tous les petits villages.

Dès que nos pieds touchent la vallée nous revenons dans le monde réel. Les gens ne répondent plus à nos bonjours mais au lieu de namasté nous assomment de « good food ? fresh drink sir ? ». Ce côté de la montagne est plus fréquenté donc plus touristique. Voilà qui confirme que les népalais sont vraiment pourris par le tourisme et que là où il y a tourisme au Népal aucune interaction fortuite n’est possible avec la population. Les gens deviennent de plus en plus agressif et je n’ai qu’une hâte c’est que ce trek prenne fin. Autant j’ai adoré être perché dans les montagnes, autant je n’ai pas envie de laisser gâcher ces instants par des femmes peu sympathiques. Alors que je dis namasté, certaines rigolent bêtement, l’ambiance est devenu détestable.

Malgré l’épuisement qui nous gagne nous arriverons à prendre le bus à Nayapul. Aux check point nous demandons par hasard si les clés de Meiwenti n’ont pas été rendu…comme dis le guide qui se trouve là, « peut-être dans votre pays ce sont des choses qui se font mais au Népal nous sommes bien naïfs de croire que ça peut arriver ». Des gamins me hurlent dessus pour avoir du chocolat. Je n’entends même pas Fabrice qui essaient de me parler « chocolate ! chocolate !chocolate ! ». Je suis fatiguée je perds patience. Je hurle aux gamins que les étrangers n’ont pas une boutique de chocolat dans leur sac, ni une libraire pour distribuer des crayons. Je leur crie d’arrêter de mendier comme ça, et j’en profite pour engueuler au passage la grande sœur d’un des gamins qui reste planter là à attendre des chocolats. Nous sommes à peine rendus sur la rue principale que le bus pour Pokhara est sur le départ…juste le temps de sauter dedans et nous voilà partis. Je n’ai même pas eu le temps de grimper correctement dans le bus, heureusement un homme fait arrêter le chauffeur pour que je puisse me hisser et m’installer sans risquer de tomber. Nous sommes épuisés, le retour à la réalité est brutale et tout nous laisse nous souvenir à quel point nous n’aimons pas le Népal.

Nous faisons un brin de causette avec un croate et un népalais dans le bus. Le guichetier essaye de nous faire payer le bus double mais grâce au prix affiché sur notre ticket à l’aller nous lui donnons le prix correct. L’homme rechigne mais je lui dis qu’il devrait avoir honte de voler les étrangers et il s’en va. Ca fait bien rire le népalais avec qui nous discutions, moi ça m’écoeure et ça me déprime. Arrivés au parking des flics, nous retrouvons Meiwenti sain et sauf mais allégé. Le deuxième pompon que nous avions acheté en Inde a été volé…Meiwenti a perdu ses deux boucles d’oreilles. Fab est fou, les gamins ont chouré le pompons devant le nez des flics. Le chef vient nous demander si tout va bien à la voiture. Voyant la tête de Fab il comprend qu’il est en colère. Je ne veux pas faire de vague pour un pompon, nous en rachèterons en Inde.

Après un bon repas en ville pour reprendre des forces nous partons pour le camping. Il y a quelques km à faire mais demain nous y serons bien au calme. En chemin nous croisons la Tortue que nous n’avions pas vu depuis Goa. Charlie est en train de coucher Merlin et Lila et Mathilde est sur Internet. Nous discutons donc un petit moment mais nous donnons RDV au camping le lendemain pour une plus longue discussion. On aura croisé tous les camions français au Népal !!

Lucie
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Mardi 31 mars
Pokhara : Le repos du guerrier

Aille Ouille. Mes mollets me fond mal, ça tire. J’ai du mal à poser le pied gauche par terre, à cause d’une tendinite au genou gauche.
Nous profitons de cet endroit tranquille pour nous reposer. Pas tant que ça, puisque le matin nous nous relayons avec Lucie entre la lessive et l’écriture du journal de bord qui a pas mal de retard.

En début d’après-midi la tortue arrive au camping. Ca fait plaisir de les voir.

En fin de journée, le proprio du resto d’à côté se pointe avec Merlin le jeune fils de Charly et Mathilde. Il lui a prêté son instrument de musique pour lui apprendre à jouer. C’est une sorte de violon moins large et plus profond à 4 cordes. La caisse de résonance n’est pas couverte c’est une cavité. On le tient à la verticale. Le Népalais fait ensuite une démonstration. La musique et la chanson est plein de mélancolie, c’est très joli. Moins classe quand il nous demande un bakchich pour « good food ». Charlie lui répond que Merlin est un enfant et qu’il n’a pas d’argent. Il n’a pas honte d’utiliser un enfant pour venir ensuite réclamer de l’argent. Je pense qu’aucune relation non intéressé n’est possible avec les Népalais. Ils voient les étrangers comme un business. C’est sûrement aussi un peu notre faute, voila 50 ans que les hippies ont débarqué au Népal, et bien d’autre touristes s’en sont suivis en ne faisant pas que des bonnes choses ni en aidant vraiment trop le pays. Même si ça ne justifie pas trop leur attitude, faut pas trop leur en vouloir mais c’est quand même dommage .

On passe une super bonne soirée en compagnie de Charly et Mathilde.

Fabrice
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Mercredi 1 avril 2009
Pokhara : Le repos du guerrier étape deux

Ce matin un troupeau de buffle s’est emballé. Il a foncé dans Meiwenti et nous a emmené au sommet de l’Annapurna. Cela nous a fait très peur. Quand nous nous sommes levés et sortis de la voiture, nous avions les pieds dans la neige. Nous étions bien embêtés. Heureusement que je connais le langage aigle à la perfection. Cela nous a bien rendu service. Nos amis les aigles ont attrapé fermement avec leur serfs Meiwenti par la galerie et nous ont ramené seins et saufs sur notre carrée de pelouse préférée. Que d’émotions mes amis ! Nous avons eux très peurs mais c’était une aventure incroyable que de voler à travers l’Himalaya avec Meiwenti.

Non je n’ai pas pris de cigarette rigolote à l’épicier du coin, vous l’aurez compris j’espère c’est un poisson d’avril gros comme ça.

Sinon pas grand-chose à dire. La Tortue part ce matin pour Katmandou. Nous devions nous diriger vers le parc du Chitwan mais Lucie est malade. Elle est très fatiguée alors on reste une journée de plus pour qu’elle puisse se reposer.

Fabrice

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