Mardi 24 mars
Katmandou - Pokhara
Nous remplissons nos réservoirs de cette eau marron de Katmandou. La pollution n'est pas que dans l'air. Nous disons au revoir au parking et prenons la direction de Pokhara. Nous déposons en passant Boomerang à l'ambassade du Pakistan.
Après les embouteillages de Katmandou, nous arrivons sur une route de montagne très pentue. Nous l'avions faite de nuit et nous ne nous étions pas rendu compte de sa dangerosité. Régulièrement des camions sont en panne et arrêtés en plein milieu de la route créant des embouteillages.
La route longe une rivière d'eau limpide. Le paysage est magnifique. Les Népalais pratiquent la culture en terrasse depuis plus de 2000 ans, l'ensemble des montagnes est sculpté, cela ressemble à des écailles. Les paysans sont dans les champs, les pieds dans la glaise et labourent. La charrue est tractée par une paire de buffles. Les images sont d'un autre temps. Plus loin la montagne est en feu, la DDE débroussaille. Cela entraîne des chutes de pierre importantes. Nous attendons un peu puis tentons notre chance. Une petite pierre tombe sur la top Box, rien de grave, le pare brise n'est pas cassé. Même la nature s'en prend à Meiwenti dans ce pays. Un camion a loupé un virage et est en bas de la falaise dans le ravin. Toute les voitures s'arrêtent pour regarder. Nous passons notre chemin.
6h de route et quelques ponts suspendus plus tard nous sommes à Pokhara. C'est une ville construite près d'un lac en face des Annapurna, lieux de départ de la majorité des treks. Nous nous garons dans le parc en face du lac. L'endroit est autorisé et connu des voyageurs. Il y a d'ailleurs un camion Irlandais. Les gamins qui jouent dans le parc ce sont des vrais terreurs, ils montent à l'échelle et essayent d'ouvrir les portent. Impossible de discuter avec eux, faut simplement les menacer. Les Irlandais ont essayé de sympathiser, maintenant les gamins se foutent de leur gueule, ne les écoutent plus et se croient chez eux dans leur camion. Nous, nous posons les limites de suite, aucun échange n'est possible.
Nous faisons la connaissance de Dase et Kave, deux jeunes Irlandais voyageant dans un van allemand immatriculé en angleterre. Ils ont mis plein de drapeau Irlandais sur leur carrosserie pour bien montrer qu'ils n'étaient anglais, attention faut pas confondre. Dase est un grand roux portant un pantacourt à carreau et nous offre le thé. Les clichés vont encore vivre longtemps. Ils sont bien sympas et nous décidons d'aller manger avec eux . Ils ont rendez vous avec un couple hollandais qui voyage en AX. Surprise ! Si nous ne les connaissons pas, nous connaissons leur voiture, ils étaient garés à coté de nous à Arambol à Goa. C'est vraiment un petit monde. Le Hollandais est moitié suisse et francophone, il a aussi vu Meiwenti à Goa et a essayé de nous parler mais en vain. Nous ne nous sommes jamais croisés.
Nous mangeons dans un resto où l'ambiance sympa. Le programme des hollandais est de faire une « rave party » illégale demain (les Irlandais suivront le bus en van) puis d'aller se reposer 10 jours dans un ashram pour faire de la méditation. Ils veulent aller au bout d'eux même comme ils disent. Pas le droit de parler, de fumer et boire pendant 10 jours. Nous faisons bien sages et posés à côté. Notre programme à nous : essayer de faire un trek.
Fabrice
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Mercredi 25 mars
Pokhara
Marche dans la forêt jusqu 'à la Pagode de la Paix
Les gamins qui rodent nous réveillent, impossible d'être tranquilles. Mais les gamins ne sont pas les seuls à nous réveiller : des camions arrivent, chargés de manèges ! La fête foraine est arrivée, il va falloir qu'on se trouve un autre emplacement.
Le ciel est encombré, impossible de voir les Annapurna. En fait, ils ne sont visibles que deux mois dans l'année mais ça suffit pour la réputation de Pokhara.
Aujourd'hui nous marchons jusqu'à la Pagode de la paix. Nous longeons le lac jusqu'à un pont suspendu au dessus de la rivière. Nous sommes en pleine campagne. De petits villages sont disséminés un peu partout. Les enfants qui rodent essayent de nous vendre leur service de guide, ils nous indiquent des directions opposées. Enfin sur les conseils d'un adulte coopératif et suivant les indications de notre carte et boussole, nous trouvons le chemin à travers la montagne. Le sentier est boisé et surplombe le lac. Ca fait du bien un peu de verdure et d'air pur.
Nous pique-niquons au sommet, un gamin vient quémander du chocolat, un stylo, de l'argent, de l'eau et louche sur le sac à dos. Un gros boulet mais nous lui offrons quelques chips. Il essayera de partir avec le paquet. Je suis désabusé, ces mômes sont pourris par le tourisme. Avant ça me faisait plaisir de donner un choco ou un stylo, maintenant les gamins ont pris l'habitude et ça devient presque une obligation. Nous ne donnons rien, absolument rien. La pagode de la paix est un temple Japonais, rien d'intéressant si ce n'est la magnifique vue sur le lac de Pokahara. Le ciel se couvre, toujours aucun Annapurna en vue. Nous redescendons avant l'orage.
Trop tard, l'orage éclate juste avant le pont, nous nous réfugions sous un arbre. En voulant passer une pierre à ma douce et tendre pour qu'elle s'asseoit, cette dernière ne voyant pas la scène avance et la pierre, que dis-je, la stèle ( !) vient s'échoir sur son gros orteil droit. AÏEEEEE !!!!! pardon..... Son orteil gonfle comme une patate. Lucie rentre comme elle peut jusqu'à Lake Side. Nous profitons du ghetto touristique pour se prendre un café et un brownie pas bon. Ce n'est pas authentique, c'est pas le Népal, mais on s'en fou, c'est chaud et ça fait du bien. De toute façon à part le « dhal bat » il n'y a rien à manger au Népal !
L'orage assombri le ciel, le vent se lève, la pluie tombe tout la nuit, des vagues se forment sur le lac. Dans Meiwenti, nous sommes au première loge e ce beau spectacle.
Fabrice
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Jeudi 26 mars
Pokhara
Après la pluie vient le beau temps. J'ai loupé ma vocation de poète, j'avais un beau potentiel non ? Bref la bonne nouvelle c'est qu'il fait beau et que la pluie a fait tomber la poussière dans le ciel et les nuages ont disparu. Nous entre apercevons l'Annapurna South et le Machhapuchhre enneigés. Youpi nous voyons les montagnes, nous ne serons pas venu pour rien, nous ni croyions plus.
Nous nous renseignons un peu partout et étudions la carte de la chaîne de l'Himalaya (classe hein) pour faire un trek. Il y a trois possibilités.
- Le trek de Jomsom qui suit la route sud du tour des Annapurna : prendre le sentier puis redescendre en Jeep sur la nouvelle route en construction. Seul problème : la jeep qui est hors de prix et la route gâche un peu le paysage.
- Un allemand qui voyage a moto nous a conseillé le circuit des Annapurna Nord : 10 jours au minimum de trek avec des cols à plus de 5000 mètres et le retour en avion. Merci du cadeau faut être pour ma part inconscient pour donner des conseils pareils. Un trek avec des passages à plus de 5000m ça ne s'improvise pas. Le trek est sûrement magnifique mais on s'abstient.
- Troisième possibilité celle que nous retenons : le trek de Poon Hill. 4-5 jours de trek et le circuit fait une boucle. Point phare : Poon Hill à 3200 mètres avec une vue imprenable sur la chaîne de l'Himalaya. Parfait.
Nous nous renseignons dans une agence. Nous jouons les personnes intéressées. Ce que nous voulons savoir c'est surtout les temps de marche, la longueur des étapes et les endroits où dormir.
Il y a apparemment des lodges de partout pour dormir et manger. Ce n'est pas la haute saison, inutile de réserver il y a de la place partout.
Le pied de Lucie lui fait encore très mal, nous verrons demain si elle peut faire un trek. Les forains montent leur manège, faut vraiment qu'on trouve un autre endroit. En plus des cons ont tagué Meiwenti, ils ont écrit aux crayons à papier sur la carrosserie, parfois en la rayant. Ras le bol de ce pays.
Nous partons pour le camping à l'autre bout du lac. Sur la route un gamin de 8 ans essaye de vendre des tickets péage pour la route. Je suis contre le travail des enfants et je n'aime pas le racket je ne m'arrête même pas. Le gamin a un aplomb énorme, il nous hurle desses, j'ai vraiment l'impression d'être en tort.
Après 6km, dont trois de piste et 50m dans le lit de la rivière nous sommes au camping. Le propriétaire a aménagé un magnifique petit jardin en pleine campagne, face aux montagnes. Il y a de l'eau chaude en plus. Tout ça pour la modique somme de 100 roupies soit 1 euros par camion. Faut vraiment pas se priver. C'est le grand luxe. Le décor est magnifique, les paysans rentrent leur buffles au bercail.
Fabrice
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Vendredi 27 mars
Pokhara : Préparation trek
Le pied de Lucie va mieux mais lui fait toujours mal. Nous nous rendons dans la ville de Pokhara pour acheter nos permis de trek, car il est obligatoire d'avoir un permis pour tout trek dans les Annapurnas. Cela coûte 20 euros par personne et nous avons besoin de 4 photos d'identités, oui 4. Nous devons enregistrer nos noms, les dates, la descriptions totale du parcours, les coordonnées de notre assureur et les personnes à contacter en France et au Népal en cas d'urgence. C'est assez bien fait. Les personnes faisant un trek sans guide doivent en plus demander la carte TIMS qui contient les mêmes informations que le permis. Le centre des permis de trek se situe en face de la police touristique et d'une caserne militaire. Le lieux est calme. Nous demandons à l'officier si nous pouvons laisser Meiwenti garer pendant 4 jours et si il est en sécurité. Il n'y a aucun problème, les policiers l'a surveilleront. Un gros soucis en moins.
Nous allons ensuite dans Lake side faire les courses pour le trek. Le quartier est rempli de boutiques vendant des articles de montagne contrefait. Faux duvet et vestes en gortex se vendent à de bon prix. Nous achetons un sac duvet en polaire car nous n'avons qu'un sac de couchage et les lodge dans les montagnes n'ont pas de drap, puis une paire de bâton télescopique avec amortisseurs anti-choc (il faut bien ça !!!).
Nous achetons ensuite de la bouffe pour les piques-niques du midi: gâteaux aux céréales, thon, raisin sec, poulet et pile pour les lampes torches. Enfin la carte détaillé à l'échelle 1/ 50 000 du parcours. Nos emplettes terminées, nous repartons au camping pour préparer le paquetage. Je ressors le vieux sac à dos de montagne de la top-box que nous avions récupéré après mon rapatriement en France. Un coup de chance (le sac pas le rapatriement !).
Comme tous les soirs à 16h la pluie tombe. Espérons que le soleil sera de la partie pour ne pas se faire rincer pendant quatre jours et que nous verrons les sommets enneigés.
Fabrice
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