Chitwan : Parc Naional

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Népal - Chitwan
de fabrice et Lucie, le 02-04-2009

Chitwan : Parc Naional

Jeudi 2 avril 2009
Pokhara – Sauhara (Parc national du Chitwan)

Nous quittons Pokhara vers le Parc National du Chitwan. La route se fait bien et nous sommes heureux de constater que les maoïstes ne sont pas en grève aujourd’hui. Nous arrivons au Chitwan sans difficulté grâce aux indications de Benoît. Le parc se situe dans le Téraï, la région la plus haut sud du Népal. Les paysages ressemblent plus à des pays comme le Laos, les rizières alternent avec les cultures en terrasse (choux, patates…). Les petits villages se suivent et les gens sont des minorités plus que des népalais. Le Parc du Chitwan est célèbre pour ses rhinocéros à une corne, ses tigres, ses ours et autres animaux sauvages.

Nous trouvons un bivouac sur une pelouse, devant l’emplacement du bain des éléphants. De notre camion, nous avons une vue imprenable sur l’animation de la rivière (enfants qui se baignent, femmes qui lavent le linge, cornac qui viennent laver leurs éléphants…). Personne ne vient nous enquiquiner et nous profitons du coucher du soleil dans ce magnifique paysage.

Lucie
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Vendredi 3 avril 2009
Pokhara - Chitwan

Ce matin il fait chaud dans la plaine, j’ai envie de prendre une douche, ça tombe bien, il y a un éléphant juste à coté. Si vous voyez pas le rapport c’est que vous n’avez pas d’imagination. Le cornac me fait monter sur la tête de l’éléphant. Je cale mes jambes derrières ses oreilles. Nous allons ensemble dans la rivière. L’éléphant met les 4 pattes dans l’eau, puis sa trompe. Il aspire une grande lampé puis me l’envoie dessus en arrière. Il recommence l’opération plusieurs fois dessus, sur le côté droit puis gauche. L’éléphant va ensuite au centre de la rivière, là où les eaux sont plus profondes. L’éléphant, joueur, plonge dans l’eau me faisant grassement tombé de son dos. C’est à mon tour de rendre l’appareil à mon compagnon. L’éléphant se couche sur la rive et il faut lui frotter la peau pour lui enlever la couche de terre. Sa peau est épaisse et rêche, de petits poils bien dure en sortent. L’expérience bien que ultra touristique est quand même sympa, et je me suis bien amusé.

Le soleil monte à son zénith, la chaleur est de plomb. Je bricole un bimini (ou un tôt) avec la bâche sur les portes arrières. Nous gagnons un mètre d’ombre. Une fois que la chaleur devient un peu moins écrasante, nous partons explorer la campagne et ses alentours. Les sentiers traversent des villages. Les maisons sont en torchis, le toit en paille. L’étable est construite juste à côté de la maison, il y a généralement des chèvres ou des vaches qui errent dans les cours des maisons. Les chevrons (enfin les bébés chèvres) hèlent très fortement. Avec Lucie on veut en prendre un pour remplacer notre Klaxon défaillant.

Nous rentrons dans la maternité des éléphants. Les femelles et le male dominant ,à qui on a laissé ses défenses pour séduire ses partenaires, sont attachés à un plot derrière un enclot. Les éléphanteaux sont en pleine liberté dans le parc. Ils vont et viennent créant la panique au milieu d’un groupe de népalais. Quand ils s’approchent de nous, les éléphanteaux cherchent de la nourriture avec leur trompe dans nos mains. C’est une sensation très chatouilleuse et à la fois visqueuse.

A la tombée de la nuit, les paysans ramènent leur troupeaux de buffles du parc vers leur village. Ils sortent de la jungle, traversent de vertes prairies, puis la rivière. Les images sont féeriques, toutes droits sorties d’une BD.

Fabrice
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Samedi 4 avril 2009
Sur les traces du rhinocéros

7h, nous avons RDV avec nos deux guides pour une journée de marche dans le parc. Il est interdit de se promener seul dans le parc, les animaux en liberté pouvant être parfois dangereux. Nos guides nous font traverser la rivière en pirogue puis nous énumèrent toutes les consignes de sécurité. Les rhinocéros protègent leurs petits et deviennent très agressifs en ce moment.
- Si un rhino charge, plusieurs solutions s’offrent à nous : monter à un arbre (hum, connaissant mon agilité j’espère avoir d’autres solutions !), courir en zig-zag (les rhino courent en ligne droite et vu qu’ils suivent l’odeur ils se fatiguent plus vite), se cacher derrière un énorme arbre et le faire tourner bourrique.
- Si nous croisons un tigre : surtout ne jamais tourner le dos à un tigre, lui faire face en lui disant « namaste », en général le tigre n’attaque pas si l’on reste immobile mais ne jamais le regarder dans les yeux
- L’ours est finalement l’animal le plus dangereux : il est capable de déraciner un arbre pour chasser sa proie et l’humain est totalement désoeuvré face à un ours…espérons en voir mais que de loin !!

Sur ces conseils, nous partons traquer le rhino. Un guide devant nous, un guide derrière et nous voilà partis dans la jungle. Au bout de deux minutes, les guides s’agitent : un rhino se tient à un vingtaine de mètres devant nous. Nous avons de la chance car il ne nous a pas encore senti. Nous nous approchons en marchant sur le bout des pieds, surtout ne pas marcher sur des branches mortes pour ne pas l’effrayer. Le jeune guide est fougueux, il souhaite s’approcher. Le guide plus expérimenté fait parler la raison et nous restons à bonne distance pour ce premier rhino. Les guides pensent que nous serons chanceux aujourd’hui, c’est très rare de voir un rhino dans les 5 premières minutes car les rhino ne s’avancent généralement pas si près du village.

Nous reprenons notre marche et délaissons la jungle pour entrer dans la savane. Nous montons dans une tour d’observation, avec les chaleurs, il est possible de voir des tigres venir se rafraîchir à la rivière, mais la chance n’est pas maximale et nous ne voyons pas de tigres. Nos guides sont très intéressants, ils nous expliquent comment suivre les traces du rhino, nous montrent des animaux sauvages inconnus et discutent également de leur métier de guide. Le guide le plus âgé, Loxmi, vivait dans la jungle depuis sa naissance car son village se trouvait au cœur de la réserve, mais depuis 5 ans, le village a été déplacé, les habitants étant trop exposés au danger des animaux. Mais leur nouvel emplacement se trouve loin du parc, dans un endroit où l’eau manque cruellement. Ils sont donc moins en danger mais les maladies se développent au sein de son village.

Alors que nous marchions inconscients des dangers de la jungle, un énorme bruit nous fait sursauter. A quelques mètres de nous, une rhino et son petit viennent d’être dérangés par notre odeur. La maman s’est levée brusquement et se tient à côté de nous. Loxmi me murmure de le suivre précipitamment, je le suis sans même vraiment prendre le temps de contempler le rhino. Fab veut faire une photo mais s’emmêle dans la sangle de l’appareil-photo. Nous nous mettons à l’abris pour qu’en cas d’attaque, nous soyons protégés. Fab, le jeune guide et moi souhaitons retourner voir le rhino mais le guide plus âgé nous explique qu’il y a quelques jours, un touriste allemand s’est retrouvé à l’hôpital suite à une attaque alors qu’il souhaitait prendre une photo. Loxmi a vraiment l’air inquiet, nous repartons sans voir notre rhino.
A la pause de midi nous sommes rejoints pas un couple de népalais sortis tout droit d’un village voisin et qui est entré illégalement dans le parc à la recherche de plantes médicinales. Depuis la création du parc, les villageois n’ont plus accès aux ressources de la nature. Il est formellement interdit de sortir des herbes, du bois, des fleurs de la réserve. Mais les villageois ont besoin de ces herbes pour se soigner, et ils sont près à risquer de grosses amendes, parfois même leur vie pour ramener ses précieuses herbes. Je goûte les herbes, c’est amer et immonde mais tout le monde rigole bien.

En début d’après-midi une chaleur de plomb s’abat sur nous. Les guides nous emmènent dans un endroit stratégique au bord de la rivière. Il y a souvent des animaux qui viennent se rafraîchir. Nous nous posons au pied d’un arbre et nous relaxons. Une heure plus tard, aucun animal a eu envie de se rafraîchir aujourd’hui, nous reprenons donc notre marche. Nous retournons dans la savane, dans le territoire des tigres. Mais comme nous l’explique Loxmi, pour voir des tigres il faut s’enfoncer plus profondément dans la savane. Il nous propose de nous emmener deux jours dans un endroit où les tigres vivent. Il nous propose de partir avec la voiture, de dormir dans un village qu’il connait et de faire de la rando là-bas. Nous hésitons mais nos visas se périment, nous n’avons plus le temps.

En fin d’après-midi, Loxmi retrouve son excitation : des bouses de rhino toutes fraîches se trouvent juste devant nous. Loxmi monte aux arbres et repère un rhino, c’est reparti sur la piste du rhino !! Nous marchons vite à travers les hautes herbes, nous nous griffons de partout, trébuchons mais sommes tout excités de voir un rhino. Loxmi nous demande alors de monter dans un arbre pour pouvoir observer sans problème la bête. Fab et Loxmi monte, mais je leur propose de garder les affaires en bas de l’arbre ^-^ ! Loxmi est embêté car c’est dangereux pour moi de rester en bas si le rhino arrive vers nous. Je prends donc mon courage à deux mains, oubli mon vertige et monte à l’arbre ! Effectivement, la vue est splendide sur la savane et de là, nous observons le rhinocéros au calme. En cette période, le parc est soumis à la culture sur brûlis pour que les hautes herbes repoussent. Les arbres sont plein de suie et nous sommes bientôt recouvert de noir charbon. Lorsque nous repartons, il faut nous dépêcher car deux nouveaux rhinos arrivent et s’ils se rencontrent ils se battront. Nous ne pourrons alors plus descendre de notre arbre pendant de longues heures. Loxmi nous pressent de descendre et nous prenons le chemin du retour d’un bon pas. Nous croisons quelques jeep et les gens nous observent avec de grands yeux, nous sommes terreux et le visage noir, les gens doivent se demander d’où nous sortons !

Nous arrivons juste à 18h pour la fermeture du Parc. Nous sommes exténués par 11h de marche et plus de 30kms à parcourir jungle et savane pour traquer les animaux sauvages. Nous aurons vus quelques rhinos, des sangliers sauvages immenses, des cerfs, des marabouts, de nombreux oiseaux multicolores.

Lucie
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Dimanche 5 avril 2009
Chitwan
Elephant trip

8éme mois que nous sommes partis, déjà !!! Je n’arrive pas à me décider, ça fait que 8 mois ou déjà 8 mois.
6h20, Surprise un membre de l’agence vient nous chercher à notre camion, ce n’était pas prévu, pour nous emmener aux parking des éléphants. Tous les éléphants sont garés en épis. Il y a en a plus d’une vingtaine. Les cornacs sont en train de prendre le thé, de fumer, discuter ou de dormir sur la tête des éléphants. On se croirait devant le comptoir du café du commerce, le matin avant de prendre le boulot. Les éléphants sont montés d’un nacelle en bois: sorte de table renversée ou chaque personne se calle près d’un pied. Il y a donc 4 personnes par éléphants, plus le cornac. Nous grimpons sur une haute tour en bois pour monter sur l’éléphant.

Nous partons au trot à l’entrée du parc. C’est un enfer ça remue de partout, impossible de se tenir. A l’entrée une mauvaise surprise nous attend. Nous ferons la visite avec une famille de 6 népalais, 3 adultes, 2 enfants et un ado. Nous partageons notre nacelle avec l’ado et un adulte. Les quatre personnes restant prennent un deuxième éléphant. Nous voila partis dans la jungle. Nous aimerions bien entendre les bruits de la forêt mais c’est impossible. La famille n’arrête pas de brailler et fait fuir tous les animaux. Les enfants imitent même le bruit du tigre, c’est insupportable.

La balade reste quand même agréable, l’éléphant bien qu’imposant de taille, emprunte de petits sentiers à travers une végétation très dense. Les pentes sont parfois abruptes et l’animal les passe sans problème. Nous sommes toujours ballottés comme des sacs. L’air est rempli de brumes, la lumière augmente progressivement, la forêt se réveille. Nous voyons quand même des paons, entre apercevons des cerfs avant que les gamins ne les facent fuir et deux rhinocéros prenant leur bain dans une marre de boue. Notre chance est de les avoir surpris pendant leur sommeil. Nous franchissons la rivière pour sortir du parc toujours à dos d’éléphant.

L’éléphants est un très beau moyen de transport pour visiter la jungle, cela aurait pu être très sympa mais nous sommes un peu déçus. La famille népalaise nous a un peu crispé, nous n’avons pas pu profiter de l’ambiance privilégiée que nous procurait notre moyen de transport et l’observation des animaux a été un fiasco. Nos attentes et notre approche du trip étaient différentes. Ils voulaient faire un tour en famille, nous voulions découvrir la jungle. Tant pis c’est un peu dommage.

Nous passons le reste de la journée au bivouac. Notre spot est exceptionnel, nous avons une vue sur la rivière et le parc. Ma seule préoccupation de la journée est d’arriver au camion pour voir le coucher du soleil sur la savane en buvant mon apéritif. Qu’est ce qu’on est bien devant cette nature, je crois que je pourrais continuer à voyager toute la vie.

Fabrice

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