Zone de transite Syrie/Liban-Beyrouth 60km sans Meiwenti
Après une nuit bien agitée, de stress et à se poser mille questions, nous décidons d’aller demander aux douaniers syriens si laisser la voiture pendant une semaine est possible et sûr. Nous ne souhaitons pas remettre en cause la suite du voyage pour aller au Liban. Mais d’un autre côté j’ai tellement envie de voir Rana et de passer les fêtes du Ramadan au Liban que nous sommes prêts à mettre de côté tous nos doutes et à partir sans Meiwenti. Les douaniers syriens nous rassurent, de plus quelques voitures qui étaient garées la veille sont toujours sur le parking. Nous faisons nos sacs et partons…le cœur gros !!
Nous passons la frontière libanaise sans difficulté, le VISA s’obtient en 10mn et 25 000 livres libanaises et nous voilà au Liban ! Nous décidons de tenter le stop jusqu’à Beyrouth. Des taxis s’arrêtent mais au bout de 5mn un syrien nous prend en stop. Cependant, il ne va pas jusqu’à Beyrouth fais jusqu ‘à Chtaura. Il nous fait comprendre que Chtaura se situe à mi-chemin entre la frontière et Beyrouth. Dès la frontière, les villes animées se succèdent. C’est la première fois que nous voyons autant d’animation juste après une frontière. Sans prendre l’exemple extrême du Monténégro où les 50km qui suivent la frontière sont désertiques, dans tous les pays il y a une zone non habitée de plusieurs km. Le Liban est un pays très petit et l’espace est compté. Notre driver nous dépose donc à Chtaura comme convenu, et nous dit de prendre un « servis », sorte de mini-bus ou de voiture partagé entre plusieurs passagers. Nous décidons de tenter le stop, écrivons Beyrouth sur une feuille et levons le pouce. Au bout de 30sec, un libanais qui parlait français vient nous voir en rigolant et nous explique qu’au Liban, le stop n’existe pas. Si quelqu’un nous prend, nous devrons payer. A ce moment, un chauffeur de mini-bus qui avait vu notre pancarte s’arrête et nous propose de nous emmener à Beyrouth. Le libanais qui parle français nous négocie le trajet et nous dit que les gars vont nous déposer « down town », le centre-ville…marché conclut ! Nous montons dans le mini-bus. Un des libanais est étudiant et parle couramment anglais. Il nous donne des explications sur certaines villes que nous traversons et nous montre un pont qui a été détruit par les Israéliens pendant la guerre de 2006. Le pont est en reconstruction mais nous sommes directement immergés au cœur de l’histoire et la vie complexe du peuple libanais. La route jusqu’ à Beyrouth traverse les monts de l’anti-liban, route assez belle et nous regrettons déjà Meiwenti !!
Nous arrivons à Beyrouth, l’air est lourd et humide, le ciel est bas et nous ne voyons pas l’arrivée sur la ville. Nous comparons directement Beyrouth à Shanghai. Bien-sûr ce sont deux mondes différents mais les deux sont des villes nouvelles avec des centres commerciaux plus gigantesques les uns que les autres et le shopping semble être une des activités principales. Le mini-bus nous dépose sur une bretelle d’autoroute mais nous prenons un petit bus qui nous déposera lui en centre-ville. Ca y’est nous y sommes ! A peine arrivons nous au centre-ville que nous sommes choqués par la présence militaire. Le centre-ville est barricadé, nous devons ouvrir les sacs pour entrer dedans. Des militaires armés sont absolument partout et quelques chars traînent dans le centre. Des rues sont carrément barrées par des check point et des barbelés. Nous nous posons pour manger et reprendre nos esprits. Ca fait beaucoup d’émotions en quelques heures ! Pour couronner le tout, un orage éclate et inonde les rues en quelques minutes ! Nous repartons et achetons une carte de Beyrouth pour nous orienter. Le centre-ville est donc le quartier des ambassades et le quartier des affaires. L’ambiance est pesante à cause de cette présence militaire. Le centre-ville est un quartier complètement refait à neuf, qui comme nous l’expliquera Ali par la suite, a été complètement détruit et reconstruit après la guerre.
Nous appelons la sœur à Rana, Fadila, pour la prévenir de notre arrivée à Beyrouth. Nous ne devions arriver que Dimanche, Rana arrivant samedi. Elle est surprise mais nous dit de venir chez elle. Elle nous donne RDV à 17h30 devant l’hôtel Marriot. Mais où est l’hôtel Marriot ?? Après vérification sur le plan, l’hôtel est au sud-ouest de Beyrouth, c’est-à-dire à l’opposé d’où nous nous trouvons. Nous décidons d’entreprendre le trajet à pied pour découvrir Beyrouth. Nous sortons du centre-ville et parcourons des quartiers où les séquelles de la guerre sont toujours bien présentes. Certains immeubles n’ont pas été reconstruits et tombent en ruine. Sur d’autres, des impacts de balles sont encore bien visibles. Les militaires sont partout, et certaines rues sont pleines de chars. Les quartiers sont très animés et nous nous trouvons finalement assez à l’aise au milieu de toute cette agitation. Nous arrivons à l’hôtel Marriot en temps et en heure et le mari de Fadila viendra nous y rejoindre. Il se présente, s’appelle Ali et est iraquien.
Nous sortons mangerle repas du soir avec eux. En chemin, Ali nous montre le bord de mer, le centre, l’endroit où Rafic Hariri s’est fait assassiner et les dégâts encore bien visibles de l’attentat. Nous passons quelques check-point en cours de route et arrivons dans un énorme centre commercial. Nous mangeons un hamburger-frites dans un fast-food où l’âge moyen est de 15 ans et les filles sont habillés en débardeurs et mini-short. La plupart des femmes ne sont pas voilées et lorsqu’elles le sont, c’est juste avec un petit foulard. Il y a deux jours nous étions dans le désert de Syrie avec un monastère en haut de la montagne et rien à 30km à la ronde. Le changement est un peu brutal mais il y a des magasins de sacs partout et je retrouve vite mes repères. Fadila est fatiguée et nous rentrons à l’appart. Nous dormirons dans un immense lit, dans une chambre climatisée avec une grosse couette toute douce….c’est magique !!