Que c’est bon de dormir dans un lit de 180 de large, avec une énorme couchette et la clim. Je dors profondément sachant que personne ne va venir me déranger ou frapper au carreau.
Fadila nous dépose en centre ville le matin. Nous entrons dans un centre commercial pour nous poser à l’ombre et étudier la carte de Beyrouth. On n’a à peine le temps d’ouvrir la carte qu’un vigil avec un talkie dépourvu d’un once d’intelligence nous observe. Il appelle la sécurité et nous regarde en biais. Agacés nous partons. Le vigil nous appel, je l’envoie promener mais ça ne lui plait pas vraiment. Lucie, plus prudente mais toute aussi méprisante envers ce ballot, lui explique que nous sommes français et que NOUS LISONS UNE CARTE. La sécurité arrive, comprend et explique à l’autre tâche. Nous repartons dans la rue, à chaque fois que nous nous arrêtons plus de deux minutes pour : regarder, se reposer, lire la carte ou faire une photo, un militaire s’approche de nous et nous observe. Je plaints les habitants de Beyrouth, compte tenu de leur passé, ils doivent vivrent dans un état de peur permanent et le moindre geste inhabituel peut être suspect. Soit, mea culpa au vigil.
Beyrouth est une ville en bord de mer divisée en plusieurs quartiers. Nous avons l’impression de changer de pays en changeant de quartier. Le nom des rues, les pratiques religieuses : sunnites chiites, catho, et la langue change. Le matin nous longeons le bord de mer en direction du quartier chrétiens. Dans ce quartier tout est écrit en français, le nom des rues sonnent bien de chez nous comme : Rue foch, Victor Hugo ou rue des frères. Nous dégustons des plats libanais dans une « cantine ».
Le quartier des ministère est barricadé, il y a des militaires avec des mitrailleuses de partout. C’est beaucoup plus impressionnant que le Kosovo.
Le quartier musulman sunnite est très commerçant. Nous allons à Internet et apprenons l’attentat de Damas et ceux en Inde. Cette nouvelle nous met un coup au moral qui était déjà pas bien haut, si nous n’avions pas été au Liban nous aurions été à Damas.
Nous rentrons chez nos hôtes. Rana et Ali arrivent à 21H. C’est la retrouvaille des deux copines. Même les enfants Stephan et Jude s’amusent avec Lucie. Ils nous emmène manger dehors dans le sud du Liban à seulement 25km à Saida. Ali nous explique la géographie du Liban et la topologie.
Saida est une ville balnéaire, plein de petits restos en terrasse. Les rues sont pleines de monde, les gens ressortent pour manger. Des groupes de femmes sont assis et fument le narguilé, l’atmosphère est très conviviale. Nous mangeons une spécialité libanaise : du foul (pois chiche mélangés avec des fèves) et du hoummos que l’on mange en insérant les poids chiche dans un petit cône de pain libanais.
Ali qui a très envie de nous faire découvrir sont pays nous explique toute l’histoire du Liban et les rythmes de vie. Nous pouvons poser toutes les questions qui nous démangent tant.
Nous rentrons vers 2h du matin bien contents de cette soirée.