Nous prenons la route de la mer Morte. A l’entrée, il y a un énorme check point qui ressemble à un passage de frontières. Les passeports et l’arrière du véhicule sont contrôlés. La route longe la frontière Israélienne sur 400 Kilomètres. Elle traverse une plaine aride parfois sablonneuse de 50 km de large bordée de chaque côté par une chaîne de montagne. Il n’ y a absolument rien sur les 200 premiers kilomètres, uniquement des tours de guet, des militaires et des camps. Tout les 50 km il y a de nouveau des petits check point, où parfois nos papiers sont contrôlés, mais tout se finit toujours par un « Welcome to Jordan » signifiant que tout est en règle.
Nous faisons deux stops et deux fois la police vient nous contrôler :
- la première fois nous faisions des photos d’une dune de sable, il y a avait en arrière plan Israël donc pas bon, c’était pas bien malin.
- Le deuxième on changeait de chauffeur, et là on a eu le droit à vrai festival : un policeman sort de sont 4x4 façon cowboy, nous demande nos passeport, nous demande ce que c’est ça en pointant du doigt Meiwenti. On se regarde l’air perplexe : c’est une voiture
Plus loin d’autres flics essayent de nous chopper à la jumelle (on a du mal à respecter les 80km/h sur une ligne droite de 200km), mais leur voiture garée perpendiculairement à la route réfléchit le soleil et ça se voit des kilomètres en avance. Ils doivent revoir leur tactique.
Nous arrivons à la Mer Mrte, cela ressemble plus à un lac qu’à une mer. L’eau est un vrai miroir, elle reflète les nuages. Nous ne trouvons pas de crique attrayante pour se baigner, nous allons donc dans un centre balnéaire soit disant publique. L’entrée coûte 8 euros par personne pour les étrangers, les jordaniens payent seulement 1 euro. On a bien les boules, les jordaniens prennent vraiment les touristes pour des vaches à lait, d’ailleurs en Jordanie il ne développe le tourisme que pour les tours opérateurs mais pas pour les indépendants. Le pays manquent cruellement d’hôtels (ils sont tous pleins) et les lignes de bus desservant entre les sites touristiques sont inexistantes.
A l’entrée, on rencontre un couple de français qu’on avait déjà croisé à l’entrée du Wadi Rum. On se baigne avec eux, ça nous fait du bien de discuter un peu avec des français. La Mer Morte est une mer intérieure saturée en sel et se situant à 400 mètres en-dessous du niveau de la mer. Sur les bords, il y a des blocs de sel immergés qui n’arrivent pas à se dissoudre. C’est assez impressionnant. Quand on se baigne, on flotte littéralement, on du mal a se retourner ou à se mettre à la verticale car on a le niveau de l’eau qui arrive au torse et on bascule. Ca donne l’impression de nager avec un gilet de sauvetage. Des vrais bouchons dans l’eau ! Dans la mer morte il n’y a aucune vie animale ou végétale. L’air est étouffant, il y a des mouches partout. L’atmosphère est vraiment spéciale ! A chaque fois que nous nous baignons on se fait encerclés par les autres nageurs jordaniens qui jouent les bados. D’habitude on aime bien le contact mais là c’est un peu chiant surtout qu’il s’approche pour des mauvaises raisons. Les jordaniens ne sont pas du tout gentleman avec les femmes.
Ismaet, notre ami chauffeur de bus, nous rejoint sur la plage pour discuter avec nous comme hier. Il nous explique que s’il y a plein de mouches ici c’est la faute d’Israël car ils désinsecticident leurs côtes et du coup les mouchent viennent en Jordanie. Il est vraiment attachant ce chauffeur de bus. Il nous donne rendez vous demain à Amman, mais là je pense que ça va être plus dur de nous retrouver.
On apprend aussi qu’on a changé d’heure, en Jordanie il change dans la nuit du jeudi au vendredi. C’est la raison pour laquelle ce matin le duty free d’Aquaba où l’on voulait acheter des bières était fermé. Du coup on est trop fiers ce matin, on s’est levés à 6h45.
Le soir nous partons sur les hauteurs de la Mer Morte pour passer la nuit sur une aire de parking. L’endroit est magnifique et bien qu’il paraisse calme nous avons une petite appréhension car la région est très militarisée, il y pas plein de jeep armées, la présence de la guerre est encore forte dans cette région.