Nous prenons le métro jusqu’à la dernière station, puis un taxi pour aller à l’ambassade du Turkménistan. La section des visas est ouverte, et un écriteau indique que le consulat sera en vacances à partir de mardi. Nous pensons que la galère continue. Nous arrivons devant le fonctionnaire Turkmène. Il ne parle que 3 mots d’anglais, me demande les photocopies de passeport et de visa Ouzbek puis me demande si je paye en express ou standard. Je prends en express, 4 jours. Le fonctionnaire me dit que mon visa sera près mardi ou mercredi et que je dois aller à Mashad vers la frontière entre le Turkménistan et l’Iran pour les récupérer. La scène ne dure pas plus de 20 secondes. Le turkmène est grand et froid, parle avec un fort accent russe, on dirait un agent du KGB, notre conversation se résume à ses mots : « passeport, computer Ashgabat process, Mashad visa. » Notre application est déposée, nous n’avons aucun reçu, seront-ils au courant Mashad ? Arriveront-ils à nous comprendre s’ils ne parlent pas anglais ? Autant de question qui nous travaillent mais nous n’avons pas le choix : direction Mashad, le parcours est rallongé de 400 km.
Nous filons dans le centre de Téhéran pour trouver un cybercafé. En marchant dans la rue, nous ne voyons rien d’anormal, la vie suit sont cours, nous avons parfois l’impression de nous faire suivre et beaucoup de jeunes ont le nez cassé. Lucie remarque un homme qui nous suit depuis quelques minutes en nous regardant avec insistance. Nous faisons style que nous sommes intéressés par une paire de chaussure en vitrine dans le premier magasin que nous voyons. L’homme nous regarde et s’en va.
Retour à Iman Khomeiny, nous n’avons pas la force de visiter. Vers 17h nous faisons des courses dans les petits supermarchés. Quand nous traversons le parking et que nous sommes dans un lieu isolé, 3 hommes en civil nous bloquent le passage et se présentent comme la police. Ils veulent voir mon passeport et me montrent une carte rouge écrite en farsi. Je ne les crois pas, il y a beaucoup de vol de passeport en Iran je ne montrerai mon passeport qu’à un policier en uniforme, il y en a plein qui traînent sur le parking. Quand j’essaye de bouger ils me retiennent violemment. Je m’assoie sur le trottoir et ne bouge plus. J’attends le policier en uniforme. Lucie va chercher un Iranien pour avoir un témoin et savoir qui sont les gens qui nous parlent. Finalement 10 policiers en civil se ramènent, il y en a un qui me montre son flingue dans son jean pour me montrer que c’est bien un policier. Je lui ris au nez. Celui qui semble être le chef porte un gilet noir avec écrit police, je dois m’en contenter. Il y a aussi un traducteur anglais. Nous expliquons notre situation, nous sommes touristes et montrons pour se justifier notre passeport avec tous les tampons des pays que nous avons visiter et de celui de l’Ouzbékistan et précisons bien que nous quittons l’Iran.
Ils fouillent notre sac à dos : 4 bananes, 3 litres d’eau et ils croient trouver le gros lot en sortant une clé USB : « regarde un agent secret….». Heureusement que j’avais enlevé l’appareil photo et la caméra ce matin comme précaution ! Un rapide check du camion (c’était vraiment le bazar dans le camion !) puis la police s’en va en s’excusant. Je pense que la police vérifiait si nous n’étions pas journalistes ou des espions. Lucie est effondrée, le traducteur lui demande pourquoi elle a eu peur. J’ai envie de répondre qu’ici la police est parano et arrête et emprisonne des personnes pour rien surtout en ce moment, mais je réponds bien sagement que nous pensions que c’était des faux policier et qu’ils voulaient nous voler. Il approuve.