Benares

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Inde - Varanasi
de fabrice et Lucie, le 08-04-2009

Benares

Mercredi 8 avril 2009
Varanasi

Varanasi est une ville sainte, construite au bord du Gange. C’est un lieu de pèlerinage important pour les hindous. Mourir dans cette ville augmente les chances de sortir du cycle de réincarnation perpétuelle, autant dire que cette croyance n’est pas prise à la légère. Si nous remontons le fleuve jusqu’à sa source, nous arriverons sur le plateau du Tibet. 8 villes en Inde sont considérées comme sacrée du fait de leur proximité du Gange.

La ville est construite le long de ce fleuve sacré. Un chemin est aménagé dans la ville le long du Gange, ce qui permet de passer d’un ghât à l’autre. Les ghâts sont des gradins de ciments descendant dans l’eau. La vie s’active autour des ghâts, des taxis boats, sortes de rickshaw sur l’eau, qui transportent les passagers d’un point à un autre de la ville. Les blanchisseurs envahissent les lieux, étendant les saris de 5 mètres de long sur les escaliers. Les jeans et tee shirt des étrangers trouvent leur place entre deux poteaux électriques. Les paysans viennent promener et baigner leurs buffles d’eau. Les animaux s’alimentent des ordures de la ville. Des intouchables ramassent les bouses des buffles, et les font sécher en galettes pour les revendre comme combustible. L’odeur près du Gange est parfois nauséabonde à cause des ordures, des urines et des égouts qui se jettent dedans.

En face, la rive Est est déserte, quelques familles y ont installées des tentes constituées de bâches en plastique. Ils habitent le lit de la rivière, quand la mousson viendra et que la rivière sera en crue, ils devront à nouveau déménager. L’orage gronde, cela fait du bien et rafraîchit l’air. Nous nous réfugions dans un restaurant puis un cyber café. La ville est très bon marché pour les backpackers.
Les ruelles sont étroites, les immeubles de 4 à 5 étages sont construits de manière anarchique, si bien qu’il est extrêmement difficile de s’orienter et de trouver son chemin, c’est un vrai labyrinthe.

Nous visitons en début d’après midi le gâth des crémations. Très vite, un indien nous demande d’aller sur le toit de l’hospice nous assurant que c’est gratuit et que la vue est imprenable. Les femmes sont interdites près de ce ghât. Il y a encore 60 ans elles se jetaient ou on les jetait dans le bûcher avec leur mari, c’est ce qu’on appelle le sati. Veuves, elles ne gagnaient plus d’argent et ne pouvaient plus survivre. Ce sont les anglais qui ont interdit cette pratique mais les femmes restent interdites. Les crémations ont pour but de purifier le corps du défunt et de libérer son âme. Les corps sont amenés sur des civières, le cadavre est immergé dans le Gange pour le purifier, puis il est déposé sur le bûcher. Les fils se lavent dans le Gange, et se rasent la tête. Le fils aîné fait 5 fois le tour du bûcher avant d’y mettre feu. Deux à trois heure plus tard, le même fils brisera le crâne du cadavre pour libérer son âme prisonnière. Les os non calcinés, le tronc pour les hommes et le bassin pour les femmes seront jettent eux aussi dans le Gange.

Les bébés, les femmes enceintes, les sâdhus et les hommes morts par une piqûre de cobra ne sont pas brûlés, mais jetés directement dans le Gange car ils sont purs.

Il règne une atmosphère de mort, l’air prend à la gorge, il y a des cadavres de partout. Cependant le gâth est en effervescence, ici comme ailleurs il y a du business. Les bûcherons coupent de grands troncs, des porteurs rangent les bûches, des hommes préparent les bûchers, activent le feu et retournent les corps en train de brûler avec deux morceaux de bambou. Les porteurs de civières fond des transactions, au dessus même des bûchers, devant la famille. Les vendeurs de fleurs harcèlent les familles, pendant que d’autre tamisent dans le fleuve les cendres des défunts, afin d’y retrouver ces bijoux. L’homme le plus riche de Bénarès est un intouchable, c’est le propriétaire du gâth. De notre côté, un Sâdhu viendra quasiment nous racketter pour faire un don à l’hospice.

Le soir nous assistons une nouvelle fois à la Puja (prière) du Gange. Dans un resto nous rencontrons Olivier, un photographe passionné de l’Inde. Il a une très grande culture historique du pays, nous apprenons beaucoup. Il fait une expo photo sur les sâdhus et les vendeurs de thé. Il nous montre ses photos, elles sont magnifiques. Il est agréable de rencontrer un personne qui s’émerveille de l’Inde, nous avons oublié à quel point ce pays est magnifique et riche quand nous arrivons à oublier les désagréments quotidiens et sans interruptions des indiens.

Fabrice
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Jeudi 9 avril 2009
Varanasi

7 heures, comme hier, un indien frappe au camion, le premier mot de la journée est « fuck. ». Ca le calme deux minutes puis il revient et enclenche les portières. Excédé, j’ai décidé de le chopper, je descends l’isolant. IL me dit « government parking ». C’est totalement faux, je lui recolle l’isolant au nez et cherche un verre d’eau à lui jeter à la figure pour m’avoir réveillé deux fois de suite à 7h du mat’ et essayé de m’escroquer. Je n’aurai pas appris à être zen au cours de ce voyage, l’indien ne reviendra pas, tant mieux.
Le matin nous faisons le marché, les fruits et les légumes frais on enfin fait leur apparition. Il y a des melons, des mangues et du raisin. Nous larvons ensuite sur le toit d’un restaurant sur les tapis et sous les ventilateurs. Nous lisons les annonces accrochées au mur. Un étranger vend un touk-touk pour voyager en Inde, des indiens donnent des cours de sitar, de flûte ou de cuisine. De manière générale, nombre de jeune voyageur viennent se perdre à Varanasi, cette ville ayant une faculté pour faire perdre les repères du monde occidental. De nombreux voyageurs viennent y chercher la spiritualité ou fuir la réalité de leur quotidien. Nombreux sont ceux qui s’habillent couleur local et qui sont en pleine recherche de soi.

Vers 16h nous négocions un tour en bateau. Nous prenons du recul et observons la ville sous un autre angle. L’atmosphère est calme, le bruit de l’eau qui glisse rafraîchit et apaise. Les ghâts sont calmes, les rituelles de purifications se déroulent au levé du soleil. Parmi tout ça, une classe d’école apprend à nager dans le Gange, les enfants portent tous un bonnet de bain bleu et des lunettes. C’est incroyable de voir une scène comme celle si, ils utilisent le Gange couleur marron comme piscine municipale. Du centre de la rivière, nous observons les palais et temples de la ville. L’architecture est magnifique.

Nous avons rendez vous avec Olivier pour la Puja, au programme, cours de photographie. J’apprends beaucoup. Nous mangeons ensuite un Talin, puis suivons Olivier dans sa Guesthouse pour boire des bières. Sur la terrasse, nous rencontrons deux autres français qui on prit une année sympathique pour voyager.

Fabrice

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