Nerhu park for ever

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Inde - New Delhi
de fabrice et Lucie, le 16-04-2009

Nerhu park for ever

Jeudi 16 avril 2009 au Lundi 18 mai 2009
Delhi : Nehru park

Difficile de décrire ces 30 jours à Delhi. La chose principale que nous ayons faite est attendre. Attendre nos visas ouzbeks, iraniens et turkmènes. Nous vivons dans un cocon au parking de Nehru park dans une sorte de communauté française où chacun attend l’autorisation de ses visas.
Nous nous occupons comme nous pouvons, les activités principales pour chacun sont : réparation du camion, demande de visa, shopping dans les magasins d’occidentaux, informatique, visite de Delhi, et vie en communauté.

Vie au parking de Nehru Parc

Le parking est situé dans le « New » Delhi, dans le quartier des ambassades. Les avenues sont larges, goudronnées. C’est une ville nouvelle et comme toute les villes nouvelles, le quartier manque un peu d’âme. Il n’y a pas de pauvre, ni de vache, les ordures sont ramassées et les feuilles balayées. Les commerces les plus proches sont à 15 minutes à pied, en un mot, le quartier est bien rangé. Nous bivouaquons sous les arbres, sur un terrain de terre. Cinq camions français sont déjà présents lors de notre arrivée. Il y a la famille Bufard et leur ami Thierry en Land Rover qui attendent leur visa pour le Myanmar et le permis pour le Manipur, Florent, Nicolas et sa famille (qui habitent à Goa et rentrent en France en camion). Le Petit tour en famille arrivera deux jours après suivit de la Tortue. Des québécois, Marie-Claude et Jonathan seront également des nôtres. Puis Amandine et Laurent, dont nous avons tant entendu parlé pendant notre voyage passeront également quelques jours avec nous.

Les journées sont chaudes, nous empruntons le tuyau d’arrosage du parc pour remplir les réservoirs et faire des batailles d’eau. Toute le monde y passe aucune exception, ni compromis, tout le monde se fait rincer régulièrement. Les filles Bufard : Clémentine, Gabrielle, et Amélie sont très joueuses, elles ne s’arrêtent jamais. Elle font l’école par correspondance, nous les aidons parfois à faire leur devoir, Lucie les aide en français et moi en math. Cela me rappelle des souvenirs, je suis passé de l’autre côté de la barrière et je constate la difficulté de l’enseignement à distance. Je comprends mieux mes parents.

Le campement ressemble parfois à un PC informatique. Entre 3 et 8 portables traînent sur les tables. Ils sont tous alimentés par le groupe électrogène de Thierry. Nous mettons à jours les blogs et site internet, regardons des films et trions les photos.

Le soir nous faisons parfois de grands repas tous ensemble, des grillades au barbecue et pommes de terres braisées, Dahl, riz, pâtes à la carbonara, concours de fondant au chocolat à la poêle d’après la recette de Mathilde et même un gratin dauphinois au barbecue dans une grande poêle que les Bufard ont acheté en Mongolie. La bonne bouffe est importante pour le moral, en plus nous n’avons que ça à faire. La bière coule à flot, nous profitons pleinement des ces instants de convivialité. Nous jouons même au Tarot jusque tard dans la nuit. L’Inde est bien loin sur la parking de Nehru park.

Le chien Barkhan, plus communément appelé « gros », monte la garde quand il ne dort pas sous les voitures.

Bémol, nous avons tous quand même une certaine frustration d’être bloqués à Delhi pour des démarches administratives, cela est très pesant. La chaleur est vraiment éprouvante, le mercure monte à 42°C voir plus à l’ombre en journée et descend difficilement en dessous des 30°C la nuit.
Heureusement que nous sommes entourés de très bons amis.

Meiwenti

Meiwenti est fatigué, tous les meubles ont bougé et se sont déplacés, principalement depuis que nous avons fait de la piste au Népal. Il faut les solidifier en resserrant toutes les vis et en rajoutant des équerres dans les coins.

Nous faisons aussi le tour des magasins de pneus pour remplacer celui que nous avons crevé. Notre taille de pneu n’existe pas en Inde, il faut acheter deux pneus plus larges. Cela ne nous arrange pas vraiment. Thierry propose de nous réparer notre pneu. Il sort ses outils de sa remorque Takasuivre : un énorme marteau de forgeron, des démonte pneus en acier et un outillage spécial une sorte de pied de biche qu’il a spécialement conçu. En deux trois coups de marteau, il déjante la roue puis extrait le pneu. Il le répare avec une rustine, puis le remonte à la même vitesse. J’essaye bien d’en faire autant mais c’est peine perdue. Devant mon incapacité à remonter le pneu, c’est Amélie une jeune fille de 16 ans qui finit le travail. Cette famille est vraiment pleine de ressources. Faut dire qu’ils ont l’habitude des crevaisons, ils ont traversé la Mongolie. Le record est à 13 crevaisons par jour. Nous regonflons la roue avec un compresseur.

Il y a de nombreux bazars entièrement dédiés aux voitures à Delhi. Avec Lucie nous fantasmons sur une climatisation. Nous faisons plusieurs marchants pour trouver un garage. Ils peuvent bien nous monter l’AC sur Meiwenti mais c’est un peu cher pour notre bourse: 600 euros, nous avions un budget de 300. Tant pis, nous resterons avec notre ventilateur et nos serviettes mouillées pour dormir la nuit !

J’accompagne ensuite Charly et Benoît à Cachemire Gate (bazar pour les pièces de voitures), ils veulent acheter des pièces mécaniques pour rehausser leur camion. On y trouve absolument tout, des lames, des part buffles, des autoradios, et toutes les pièces mécaniques de rechange. Je suis sûr qu’on peut monter en kit sa propre TATA. Moi j’achèterai un compresseur, une prise allume cigare, un klaxon, et plus tard une buse GPL pour remplir directement les bouteilles de gaz au station GPL.

Mon réservoir de liquide de frein fuit, les joints sont morts, ils ont du brûler en même temps que le liquide, je vais devoir tout changer de nouveau. Un petit tour à Cachemire gate et c’est réglé. Mais la fuite n’est pas bloquée, je vais devoir surveiller mon liquide de frein régulièrement. Rien d’alarmant.

Adieu bac à douche !!! Nous sommes arrivés avec lui à un point de non retour qui va sceller là notre séparation. 10ème trou dans le bac à douche, et les réparations ne tiennent plus. Il faut trouver une solution. On décide de se faire faire un nouveau bac à douche en acier galvanisé. Un marchand de malles nous donne une adresse d’un marché où l’on travaille l’acier et l’on s’y rend avec Meiwenti. Les artisans nous font le bac sans problème. A chaque étape, ils me demandent confirmation comme si j’étais un expert. Ils sont trois,un qui prend les mesures, un qui coupe et le troisième qui plie la tôle. Nous testons quand même l’étanchéité des soudures avec de l’eau. Tout est ok et cela coûte presque rien, du moins beaucoup moins que l’original de Narbonne Accessoire de très très très très mauvaise qualité.

Nous nous renseignons aussi pour faire une malle sur mesure car les rangements de Meiwenti commencent à être vraiment bien remplis. C’est possible mais un peu cher.

Dans une casse de jeep nous trouvons enfin deux jerricans en fer d’occasion pour mettre de l’essence. Nous voilà parés pour le Balouchistan et pour sortir 40 litres d’essences d’Iran. Nous nettoyons les jerrican et renforçons l’étanchéité avec un joint en chambre à air de pneu.

Petite cerise sur le gâteau, nous perdons pour la deuxième fois le double des clés de la voiture que nous avions fait refaire au Népal (quand je dis nous c’est Lucie cette fois). Un marchand à exactement la même clé vierge. Par principe de précaution nous faisons refaire deux clés.


Shopping center
Delhi est la capitale de l’Inde. Comme la plupart des grandes villes dans le monde, elle ne correspond pas à l’image du pays. Dans le New Delhi, les artères sont larges et propres, pas de mendiants ou de bidonvilles. Les flics mettent même des amendes aux voitures. Même moi j’y ai droit alors que je fais demi tour au milieu du boulevard car je suis perdu. Un policier se met devant moi et me fais signe me ranger. Je refuse et continue d’avancer doucement en lui disant que je suis perdu. Lucie lui montre la carte en signe de bonne foi. En Inde tout le monde fais n’importe quoi, les gens roule même à contre sens sur l’autoroute alors un petit demi tour c’est pas bien méchant. Son chef lui fera signe de nous laisser passer.

Il y a une forte communauté étrangère à Delhi et les magasins correspondent aux attentes occidentales. Des boutiques de fringues, de bazars, des épiceries, certains quartiers de Delhi sont entièrement dédiés aux expats et riches indiens. A Khan market, nous trouvons même de la bouffe importées genre saucisson, on résiste car c’est pas donné ! Avec Amandine, nous faisons faire des tuniques à manches longues pour porter au Pakistan et en Iran.

Démarches administratives

Visa iranien : nous avons lancé la procédure de visa iranien le 21 mars depuis Katmandou. Nous avons demandé nos visas sur le site de l’agence Iranianvisa.com. Le délai habituel pour obtenir les codes nous permettant de demander nos visas à Delhi est de 10 jours. Mais nous ne sommes pas chanceux et le gouvernement iranien est en vacances pour 3 semaines en raison du Nouvel An. Aucun visa n’est délivré pendant ce laps de temps. Il y a donc de longs délais pour obtenir les visas mais nous nous y sommes pris en avance. L’agence nous informe que nous aurons les codes mi avril, puis elle se rétracte et nous donne comme date fin avril. Nous sommes début mai et l’agence a repoussé l’obtention de nos codes au 15 mai. Voila maintenant 1 mois et demi que la procédure est lancée et sans nos codes nous n’obtiendront pas nos visas. Nous sommes allés à l’ambassade d’Iran pour leur expliquer notre situation mais l’homme à l’accueil n’a rien voulu entendre et nous devons attendre nos codes. Après bientôt 2 mois, nous n’avons toujours pas de nouvelles de nos codes…nous partons donc vers Islamabad où des familles françaises sont passées avant nous et ont eu leur visa en quelques jours sans lettre d’introduction de la part de l’Ambassade de France (qui refuse de les faire pour l’Iran). Iranianvisa.com est une escroquerie et nous déconseillons à tous les voyageurs de passer par eux. Nous vous conseillons de payer une agence type Persia, un peu plus chère car il faut réserver des nuits d’hôtel mais au bout du compte cela revient moins cher que de perdre deux mois.

Visa Ouzbek : nous avons fait notre demande de visa ouzbek dès notre arrivée à Delhi. Le consul nous a rassuré en nous disant qu’en tant que français nous n’avons aucun soucis pour obtenir notre visa. Il nous promet que le visa sera prêt en 5 jours. Le 5ème jour nous nous rendons à l’ambassade où les gardiens nous explique que le visa n’est pas prêt et qu’au lieu de venir tous les jours il faut mieux appeler pour demander si notre visa est prêt. 10 jours plus tard et après avoir appelé tous les jours, je demande à parler au consul au téléphone. On me dit de rappeler le lendemain, j’harcèle la secrétaire et le lendemain nos visas sont prêts. Nous devons aller payer les frais de visas dans une banque qui se situe à 20min de rickshaw de l’ambassade (c’est vraiment très simple). Nous n’avons qu’une heure pour aller payer avant que l’ambassade ne ferme. Nous arriverons une demi-heure après la fermeture mais le consul nous reçoit. Il nous délivre nos visas en 10min ! Nous sommes très heureux d’avoir obtenu notre premier visa, mais la mauvaise surprise est que les visas ont des dates d’entrée fixes. Nous pouvons entrer en Ouzbékistan à partir du 1er juillet et le visa est valable 30 jours.

Visa Turkmène : une fois les visas ouzbeks en poche, nous pouvons demander nos visas turkmènes. Je suis en contact par téléphone avec l’Ambassadrice et elle nous donne l’adresse de l’Ambassade mais nous ne trouvons pas l’adresse sur notre plan. Fab regarde sur Google et trouve une adresse au nord de Delhi. Nous partons de bonne heure le matin mais une fois arrivés dans le quartier, nous rebroussons chemin. Nous avons atterrit dans un quartier très populaire, aucune possibilité que l’Ambassade du Turkménistan se trouve dans ce quartier. Nous rappelons l’Ambassadrice qui nous explique, impatiente, dans quel quartier nous pourrons trouver l’Ambassade, c’est en fait à deux pas du bivouac ! Nous repartons au sud de Delhi et arrivons peu de temps avant que l’Ambassade ne ferme. L’Ambassade est en fait la maison de l’Ambassadrice qui se trouve dans le quartier ultra huppé de Delhi. Le dernier visiteur est passé il y a deux jours, il y a des pays où les ambassadeurs ne sont pas surbookés !! L’Ambassadrice nous demande d’écrire une lettre en expliquant pourquoi nous demandons un visa de transit Turkmène (seul visa possible à avoir) et les dates exactes d’entrée et de sortie. Nous ne pouvons obtenir que des visas de transit 5 jours et nous devons entrer aux dates exactes que nous demandons. Le fait que nous devons entrer le 1er juillet en Ouzbékistan nous facilite la tâche, nous demandons donc à entrer le 27 juin au Turkménistan. Nous n’avons pas le droit de rester dans l’Ambassade et devons écrire notre lettre devant l’Ambassade. Le gardien me prête son siège et j’écris à l’Ambassadrice en mentionnant tous les détails de notre application.

Nous avons eu la réponse de nos visas turkmènes : refusés ! Pour quelles raisons ? Nous ne saurons jamais, la consul nous a juste conseillé de refaire une demande à Téhéran où selon elle nous aurons plus de chance. A quoi sert une ambassade turkmène en Inde s’il est impossible d’y obtenir un visa ?? Nous sommes écoeurés, voila trois visas que l’on se fait refusé pendant le voyage : le pakistanais, l’iranien et maintenant le turkmène.

Fabrice superstar

Tinzin est un moine tibétain très influent, il connaît tout le monde. C’est un ami de la famille Bufard. Un matin, il se pointe avec un ami cinéaste et propose aux filles Amélie et Gabrielle de tourner dans un clip et de faire des photos pour promouvoir une université Indienne. La journée est payée 4000 roupies. Une voiture viendra les chercher vers 12H.

Je me réveille tard comme d’habitude. Lucie part pour Internet et la voiture de l’Université arrive. Le responsable indien se présente. Puis il m’appelle au loin, il veut me parler mais il a peur de s’approcher à cause du chien Barkan ( tu m’étonnes). Il me demande si je veux tourner dans son clip vidéo. Je crois d’abord mal comprendre son anglais, puis j’ai l’impression qu’il se fou de moi, je n’ai plus l’âge d’être étudiant. Il insiste, j’accepte. Je dois prendre plusieurs tee-shirt, si possible de couleur vive. Je n’ai pas trop ça en stock.

Nous partons avec Amélie, Gabrielle et leurs parents dans une voiture climatisée en périphérie de Delhi. Nous prenons au passage une autre étudiante étrangère. L’université de dentistes s’étend sur une dizaine de kilomètres. Des bâtiments sont en construction. Dans le hall de l’université l’équipe technique s’installe. Il y a deux camions de matériel. Un camion groupe électrogène et un autre pour les câbles et les projecteurs. Nous patientons dans une salle, on nous sert un très bon thali. Le maquilleur vient nous chercher. Il commence par enlever la transpiration, puis le cm de poussière de Nerhu park et finit par mettre du fond de teint. C’est la première fois que je maquille, je n’aime pas ça.

Nous montons à l’étage, je mets une blouse blanche et arrive dans la salle de classe. Il y a des projecteurs de partout. C’est une salle d’élèves dentistes. Il y a des sièges de dentistes où sont allongés des mannequins en plastique. Des étudiants indiens sont déjà la depuis longtemps. C’est sûrement des vrais étudiants, eux ! Je m’installe sur un siège, des photographes font trois séries de photos. Des gros plans de moi, puis de Gabrielle et enfin de Gab et moi. Nous ne pouvons pas nous empêcher de sourire. La situation est comique. Une pose de 20 minutes, ils installent une caméra sur un énorme pied puis nous fond revenir pour un travelling. Nous sortons ensuite dehors pour faire des photos sur le terrain de sport. Je pose devant le grillage du terrain de basket et assis sur l’herbe le pied sur un ballon de foot en compagnie de deux autres indiens.

Dernière séance photo dans l’amphithéâtre en compagnie de tous les étudiants. Pour nous faire patienter, un Bollywood passe à l’écran. Deux indiens à Miami. Les étudiants crient et applaudissent pendant les scènes. L’ambiance est très sympathique. Bien qu’avec Thierry nous ne comprenons pas l’hindi, certains dialogues sont très explicites.

Nous rentrons de nuit au parking. J’ai trouve les indiens très professionnels pour une fois. Ils avaient une idée précise de plans qu’ils voulaient. Je trouve ça juste un peu bizarre qu’ils cherchent des étrangers le matin même du shooting. C’est pourtant pas les étrangers qui manquent à Delhi !!! Ca y est , on voulait travailler en Inde c’est fait, 70 euros ! J’aurai jamais imaginer que ce serait ce genre d’activité. Pour fêter ça on invite toute la famille Bufard au restaurant américain.

Fabrice

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