Mercredi 28 janvier 2009
Agonda – Gadag
On se lève à 6h30 pour aller voir les dauphins sur la plage, tout le monde nous a dit qu’il y en avait plein au bord de l’eau lors de la remontée des filets de pêche. Comme les tortues nous n’en voyons aucun. Mais c’est agréable de se promener et de voir la ville se réveiller.
Nous prenons ensuite la route vers Hampi. Elle repasse part Belgaum, nous devons donc reconduire sur la route totalement défoncée entre Belgaum et Goa. Nous pensons qu’ il y a une magouille politique là-dessous car c’est imepnsable qu’une route autant fréquentée soit laissée dans un tel état d’abandon. Les nids de poule sont tellement grand qu’il nous arrive de toucher l’arrière de Meiwenti alors que nous roulons à 10km/h. Nous roulons toute la journée, il n’y a pas d’express way et passons une bonne partie de la journée derrière les camions.
La nuit tombe et nous continuons de rouler. C’est super dangereux, tous les camions roulent en plein phare et les vaches arrêtées au milieu de la route n’ont pas de lumière. Nous nous arrêtons après 12H de conduite dans un champ. Un peu plus loin des immeubles sont en construction et des ouvriers dorment dans des habitations sommaires. A 22h un attroupement de 20 personnes viennent nous voir, un jeune parle anglais et nous demande de partir. On lui explique qu’on est épuisés et que c’est dangereux de rouler, nous repartirons demain. Le chef du groupe accepte qu’on reste. 30 minutes plus tard le même groupe revient et me demande de partir, un nouveau chef vient d’arriver et il ne veut plus. Je passe les inepties qu’il me raconte. Je m’explique une nouvelle fois et demande pourquoi ils ont changé d’avis. Finalement le nouveau chef donne lui aussi son accord. J’espère qu’on ne va pas passer en revue tout l’organigramme de travailleurs parce que sinon il y en a pour la nuit. En Inde, on ne peut pas trouver un bivouac tranquille, tout est interdit et personne ne sait pourquoi et qui l’a décidé mais tout le monde sait que c’est interdit !!
Fabrice
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Jeudi 29 janvier 2009
Gadag – Hampi
Fab est malade ce matin, il est à plat. On se lève à l’aube mais déjà le camion est entouré des travailleurs curieux. On se dépêche de plier bagages, j’ai du mal à supporter d’être entourée et observée de bon matin. Depuis la quasi-émeute au Pakistan, je me sens oppressée par la foule de curieux. Je prends le volant, Fab se repose et essaye de tenir le coup, nous devons arriver à Hampi où nous pourrons poser le camion et Fab pourra se reposer mais pas question de rester au milieu de nulle part toute la journée. La route se fait finalement assez bien et vers 10h30 nous sommes sur le site. Juste avant Hopset, nous quittons la route principale bondée de camions Tata aux conducteurs défoncés pour pouvoir tenir les distances, de vrais dangers et nous nous retrouvons au milieu des rizières et des palmiers. Une ambiance aux antipodes à quelques km de distance, nous sommes bluffés par la beauté du paysage. A mesure que nous nous rapprochons d’Hampi nous longeons des collines de rochers aux formes extraordinaires d’un rouge profond sur fond de ciel bleu accompagnées d’une végétation dense de palmiers, rizières et bananiers.
Sur les conseils de Zingalo et la Tortue, nous nous garons sur le terrain vague avant l’entrée du site ainsi nous évitons de payer le parking et de nous garer à côté des dizaines de bus de touristes indiens. Notre terrain vague est beaucoup plus tranquille et nous allons y passer une bonne partie de notre journée vu que Fab passe sa journée à dormir. Heureusement, nous avons pu mettre le camion sous un arbre et profiter un peu de l’ombre mais il fait quand même un peu plus de 35°C dans le camion. Les gens sont curieux et il semble que beaucoup de touristes viennent des campagnes et qu’ils ont rarement vu des étrangers. De notre camion, nous sommes donc beaucoup observés mais heureusement ce n’est pas l’attroupement.
En fin d’après-midi, Tom, un français en vacances pendant deux mois vient faire un brin de causette. Fab allant mieux, nous décidons d’aller dans le petit village de Hampi voir comment ça se présente. Nous sommes ravis de nous être garés un peu en retrait car même la nuit les bus restent et les indiens dorment sur des nattes à l’extérieur de leur bus. Il y a des ordures partout et beaucoup de bruit. Hampi est un tout petit bourg, quelques petites ruelles touristiques, quelques guesthouse mais rien d’énorme pour le moment. Sa situation géographique rend le village assez éloigné des autres sites touristiques et les gens en vacances ne font généralement pas le détour. Les groupes opérateurs renient encore ce site sublime, j’espère encore pour longtemps. L’ambiance est sympathique et très calme le soir, nous buvons un chai avec Tom puis ayant encore pas mal de choses à nous raconter nous allons manger avec lui. Il a déjà amener deux voitures en Afrique et a fait du convoyage de bateaux pour traverser dans les antilles. Le gars est sympa, un peu décalé quand même.
Fab étant fatigué nous retournons au camion d’assez bonne heure. En arrivant, nous comprenons d’où vient l’odeur nauséabonde qui règne partout…des gens viennent déféquer par dizaine à quelques mètres de notre cher Meiwenti, heurk ! Vers 23h, une voiture arrive à toute allure, pleins phares et à grands renforts de klaxons vient se planter devant Meiwenti. Des gens descendent et s’excitent contre la carrosserie de Meiwenti. Fab ouvre la fenêtre et demande ce que c’est que ce bazar. On nous dit de dégager, que ce terrain est à côté d’un temple et que nous devons aller nous garer avec les autres bus. Nous leur faisons comprendre que nous ne sommes pas un bus et que nous ne bougerons pas. De toute façon, Hampi est une ville comprenant 400 temples, autant dire que chaque parking se trouve à côté d’un temple…la seule différence est que le nôtre est gratuit. De plus, nous savons que Zingalo et la Tortue sont restés garés là 5 jours, qu’ils se sont fait ennuyés toutes les nuits mais que finalement ils n’ont pas cédé. Nous ne cédons pas et les hommes se lassent et s’en vont, pas contents mais ils s’en vont nous laissant tranquilles pour la nuit.
Lucie
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Vendredi 30 janvier 2009
Hampi
Heureux, nous avons pu faire une bonne nuit malgré les intimidations de nos « amis » indiens. Fab ayant retrouvé la pêche, nous partons pour une journée de marche à travers les temples d’Hampi et à la rencontre de ce site naturel splendide. Nous longeons la rivière pour nous rendre au temple le plus éloigné, le Routard en fait des éloges. C’est d’ailleurs le seul temple payant et pour une fois nous ne rechignons pas à débourser un prix astronomique, le billet d’entrée étant 25 fois plus élevé pour les étrangers que pour les indiens. Nous payons donc et entrons…hum déçus ! Nous préférons cent fois plus les petits temples abandonnés que nous avons visité en chemin plutôt que ce grand temple mal restauré et envahi de groupes organisés indiens. Nous reprenons donc notre chemin et nous arrêtons déjeuner dans un petit resto au bord de la rivière. Nous regrettons vite notre choix, le jeune serveur n’arrête pas de venir cracher son bétel juste sous nos yeux, des touristes s’arrêtent toutes les deux minutes pour nous zieuter à s’en décrocher la rétine et un instituteur qui passait par là avec sa classe nous lance « take picture ». Nous le regardons et il nous relance « take picture ». Nous sommes à table pas au zoo et l’instituteur n’est pas très commode. Nous hésitons mais il ajoute finalement « please ». Nous nous levons donc et allons faire la photo. Une fois le clic déclanché, il ramasse ses ouailles, nous lance à peine un regard et repart. Nous retournons à notre fried rice immonde et aux jets de bétel de notre ami serveur.
Nous repartons pour notre rando et arrivons rapidement vers un temple splendide, peu restauré qui pour le coup nous fait quelques peu penser aux temples d’Angkor. Derrière le temple, un petit sentier longe des rizières et nous mène tout droit vers d’autres temples tout aussi magnifiques. Un petit paradis sur terre, je revis, je marche dans les rizières ! Le riz est prêt d’être ramassé, les rizières sont splendides. Sur le chemin du retour nous gravissons les centaines de marches qui nous séparent du sommet d’un temple d’où une vue grandiose sur le site d’Hampi nous accueille. Une israélienne qui vient d’arriver au sommet s’étouffe en buvant de l’eau, elle me regarde, je lui souris heureuse d’ être dans un endroit si splendide. Vexée et croyant que je rigole d’elle, l’israélienne me jette à la figure un « enjoy the fest » pitoyable, décidément ces israéliens, toujours aussi aimables ! Nous nous détournons donc et passons un bon moment à apprécier la vue et les jeux de lumières produit par le soleil qui décline à l’horizon. Le soleil se reflète dans les rizières, l’eau se transforme en argent, les palmiers prennent une couleur d’un vert profond et nous restés ébahis devant une telle beauté.
Nous sommes épuisés par cette journée de marche, la première depuis bien longtemps. Le soleil de plomb nous a assommé toute la journée, la température avoisine les 40°C et nous avons la peau brûlée. Tom devait passer au camion pour un pastis mais il ne vient pas. Nous nous relaxons un peu puis partons dîner dans Hampi. Nous trouvons un restaurant très sympathique sur le toit d’une terrasse. A Hampi et comme dans tout le Karnataka, l’alcool est prohibé mais alors que nous passons la commande, le serveur nous demande si nous souhaitons des « special drinks ». Sur le moment nous ne comprenons pas et lui répondons que nous avons déjà commandé des jus d’ananas, il n’insiste pas mais avec le recul nous comprenons qu’il nous proposait une bière ou un apéro. Quelle hypocrisie cette prohibition !
Sur le chemin du retour nous croisons Tom qui revenait de notre camion. Il était en retard car pour ne pas payer les 50 rps que les taxi-boat lui demandait pour revenir de notre côté de la rivière, il a traversé à la nage. Du coup, il était trempé, a du retourné se changer et faire sécher son appareil photo. Nous lui proposons de venir discuter un peu dans Meiwenti. La chaleur est telle dans le camion que nous sortons nos sièges dehors et passons une bonne heure à discuter. Soudain, deux gugusses arrivent et nous braquent leur lampe torche dans la figure. Il nous dise qu’à 23h nous devons être dans notre guesthouse, que de toute façon nous ne pouvons pas rester garés là car il y a un temple à côté. Les hommes commencent à regarder dans le camion, nous les virons vite fait bien fait. L’un deux a un uniforme, Fab pense que c’est un policier en fait c’est juste un garde sécurité. Nous les envoyons promener mais rapidement une dizaine d’autres indiens arrivent, certains en uniformes de sécurité d’autres non et se mêlent de la conversation. Nous rangeons nos sièges et disons à Tom de partir. La conversation, ou plutôt la négociation se poursuit et nous leur faisons comprendre que nous ne partirons pas. L’un des hommes devient très agressif et se poste à 10cm de ma tête, me regarde avec des yeux qui m’envoient des éclairs. Il est à deux doigts de ne plus se contrôler et de me baffer. Choquée par une telle agressivité (alors que le ton n’était pas monté de notre côté), je lui fais remarquer qu’il n’a pas à parler comme ça à une femme et qu’il n’oserait jamais parler à une indienne d’une telle façon en public. Je lui dis donc que pour résoudre la situation nous allons appeler la police. Le mot magique « POLICE ». L’homme semble perdre de sa confiance et me dit que ce n’est pas la peine d’appeler la police, que nous devons juste aller nous garer sur le parking payant des bus. Je prends mon téléphone portable et lui demande le numéro de la police. Il refuse de me le donner. Nous lui disons donc au revoir, montons dans le camion, fermons tout à clé et attendons qu’ils s’en aillent. Fab, au bout de deux minutes, souhaitant apaiser les tensions, ressort discuter et leur dire que de toute façon il y a environ une voiture d’étrangers qui dort ici par semaine et s’ils font ce cinéma là à chaque fois ils n’ont pas fini ! L’homme devient encore agressif et propose à Fab d’aller ensemble à la police…quel bluff ! Fab refuse et les hommes partent en disant qu’ils vont chercher les flics. Nous remontons dans le camion et le doute s’installe. Je suis persuadée qu’ils ont plus la trouille des flics que de nous et qu’ils n’iront jamais chez les flics parce que nous refusons de nous garer sur un parking payant. Fab doute et nous mettons du temps à nous endormir. Mais la police n’est jamais venue et les hommes, malgré leurs intimidations, ont du se résigner à s’en aller ! Enfin tranquilles pour ce soir !
Lucie
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Samedi 31 janvier 2009
Hampi ou la journée des bêtes
7h, des hommes rôdent autour du camion, ça gratte sur la carrosserie et des gens essayent d’enclencher les portières…des ouvriers curieux ! Je commence à saturer sérieusement de ce terrain vague mais partout c’est la même chose. Nous restons couchés et les hommes s’en vont.
Nous partons visiter le temple d’Hanuman, connu sous le nom de Monkey Temple. Le temple se trouve de l’autre côté de la rivière et nous devons emprunter des sortes de petites barques rondes qui ressemblent à des coquilles de noix pour passer de l’autre côté. Les passeurs nous demandent 35 rps par personne alors que le prix normal est de 10 rps. Nous ne cédons pas, attendons que des indiens arrivent et embarquons avec eux. L’homme avec qui nous avons négocié dans un premier temps et qui nous avait gonflé le prix, mécontent d’avoir finalement perdu deux clients, sermonne notre passeur et l’exhorte de lui rendre ses clients. Notre passeur nous demande donc de changer de bateau. Nous refusons, notre passeur est sympathique et l’autre avait qu’à être plus coopératif dès le début. La traversée commence et nous ne sommes pas très rassurés, le bateau prend l’eau, heureusement que la coquille n’est pas très chargée. Nous arrivons de l’autre côté sain et sauf mais dès que la coquille accoste des indiens montent dedans. Le passeur les vire rapidement et nous pouvons descendre sans nous jeter à l’eau.
La balade jusqu’au temple est sympa, nous traversons des rizières mais nous sommes souvent sollicités par des gamins pour des chocolats, des roupies ou des stylos. Nous n’avons plus de stylos, le chocolat ça fond et nous ne donnons pas de roupies aux gamins donc nous n’avons rien à leur donner. De toute façon, avec le nombre de touristes qui transitent par là, les gens vivent plutôt bien du tourisme. Les 600 marches pour atteindre le sommet sous 40°C nous assomment. Arrivés en haut, la vue est splendide sur les rizières et tout le site d’Hampi. Nous partons nous promener vers des rochers.
Soudain, Fabrice me hurle de bouger, de me rapprocher du sac à dos qui est posé assez loin d’où je me trouve. Je ne comprends pas tout de suite, Fab me hurle de bouger, vite et de ne surtout pas reculer. J’obtempère, je me rapproche du sac. Etonnée, je me retourne et Fab me dit la raison de sa peur : un cobra de quatre mètres se trouvait à deux mètres de moi, sur le rocher. Le cobra réveillé par nos cris se faufile à travers les rochers et disparaît. J’ai les jambes qui tremblent. Un indien, alerté par nos cris, arrivent sur les lieux mais trop tard pour voir la bête. Nous lui décrivons le serpent et il nous donne son verdict : c’est un cobra ! Il a l’air aussi inquiet que nous mais nous avoue que des cobras viennent régulièrement ici. Les gens sont souvent piqués par des cobras mais grâce à des plantes et des remèdes, ils peuvent être soignés. Je me rappelle la dame de Jaisalmer que nous avons rencontré dans le désert et qui avaient des doigts paralysés suite à une morsure de cobra. Je l’ai échappé belle, heureusement que Fab avait l’œil car j’allais directement sur le cobra…
Suite à nos cris, c’est notre ami Tom que nous voyons sortir de la grotte qui se trouvait juste à côté du lieu de l’incident. Nous sommes contents de le voir mais lui aussi est un bon fumeur et a le cerveau embué par un joint qu’il vient de se fumer avec un sadhu. L’indien qui nous a aidé nous propose de nous réfugier dans la grotte avec Tom mais je suis vite mal à l’aise, c’est tout de suite une relation de business qui s’instaure. De plus, Tom commence à nous raconter que cet incident correspond à une vision qu’il a eu il y a un an quand il a pris du LSD. Je commence à en avoir assez de tous ces gens qui se droguent et ne parlent que de drogues. Nous préférons laisser les hindous dans leur culte et Tom dans son délire et nous sortons. La mamie qui nous avait dit de laisser nos chaussures à l’entrée de la grotte nous demande de l’argent…pourquoi ? Bref on l’ignore, elle nous crie dessus et nous partons pique-niquer loin de ces indiens qui ignore toute relation autre que celle de l’argent à touristes.
Je commence à être écoeurée de l’Inde, de ces gens qui n’ont aucune envie de discuter avec les touristes si ce n’est pour leur soutirer quelques roupies. Après avoir traversé tous ces pays du Moyen-Orient où l’hospitalité en était même parfois gênante, nous nous retrouvons dans un pays où les gens semblent avoir perdu tous repères, toute fierté, toute humanité. C’est déroutant et écoeurant. Nous qui étions déjà venus en Inde, qui étions tombés amoureux de ce pays qui nous avait tellement fait réfléchir, qui en quelques semaines nous avaient imprégnés jusqu’à ne plus être tout à fait nous même en rentrant, nous étions bien loin d’imaginer à quel point le tourisme pourrit ce pays. Mais nous en sommes sûrs maintenant et nous commençons même à nous demander si nous n’allons pas écourter un peu notre séjour pour profiter de pays où nous serons mieux. Nous ne voulons pas nous pourrir la vie tous les jours, entre les chieurs qui ne veulent pas que nous dormions sur un terrain vague, les gens qui nous parlent et qui nous demande de l’argent après avoir échangé quelques mots, bref aucun rapport avec la population, ce n’est pas ça le but de notre voyage.
Ne voulant pas revivre la confrontation de la veille juste pour dormir sur un terrain vague, nous partons en repérage bivouac dans les alentours d’Hampi. Nous visitons des temples et des endroits où nous n’étions pas encore allés à pied et découvrons un magnifique bivouac sous un arbre. Nous nous posons là et deux minutes après, deux flics en mobylette s’arrêtent à notre hauteur. Il fait sombre et ils nous disent de retourner à Hampi, que c’est dangereux. Seul l’un des flic est descendu de la mobylette pour nous parler. Nous lui expliquons que nous allons dormir là mais il refuse. Il nous dit que l’endroit est dangereux, qu’il y a des lions et des tigres et voyant notre moue dubitative, il ajoute des ours. Là nous explosons de rire et lui demandons s’il y a également des dragons, des requins et des gros poissons. Vexé par nos moqueries, il nous montre du doigt, et d’un geste brusque accompagné d’un psssst, nous fais signe de dégager. Je lui réponds que je ne suis pas un chien et que nous pouvons donc discuter sans geste brusques. Nous lui expliquons que les tigres et les lions ne peuvent pas entrer dans la voiture, qu’elle est fermée à clé et que nous dormirons donc tranquilles. Le deuxième flic arrive, le boss ! Nous lui expliquons que Meiwenti est notre guesthouse, que nous dormirons là et que nous n’avons pas peur des tigres. Le flic nous dit encore de dégager. Je sors ma dernière carte et commence à lui expliquer que nous avons traversé beaucoup de pays depuis la France, qu’en Iran et au Pakistan les gens sont très sympathiques, que nous pouvons dormir où l’on veut et que les gens au lieu de venir nous insulter nous offre à manger. Nous lui expliquons notre overdose de l’Inde, que les indiens ne sont pas aimables et là le flic prend la mouche. Nous avons l’autorisation de dormir sous notre arbre mais il nous lance en partant un « God Bless You » ! T’inquiète pas gars, c’est pas dieu qui va nous protéger contre les tigres.
Nous repartons manger dans Hampi et revenons nous garer sous notre arbre. Nous pensons être peinard, nous avons l’autorisation de la police. Alors que nous mettons les isolants, Fab en ouvrant la portière découvre un horrible araignée qui a réussi à se glisser dans la voiture. L’araignée est grosse et velue, heurk ! Elle vit sa dernière minute mais entre un cobra et une araignée velue, c’est la journée des bêtes. Nous aurons notre dernière surprise lorsqu’en dépliant les draps que nous avons fait laver dans Hampi, nous découvrons une sauterelle et un tas d’insectes inconnus. Prêt à nous coucher après avoir lutté avec tous ces insectes pour en venir à bout, on toc à la portière. NON LAISSEZ NOUS TRANQUILLES !!! Cette fois c’est un archéologue qui nous dit de retourner en ville, que nous n’avons pas le droit de dormir là. Nous lui disons que nous avons l’accord de la police mais cela ne le convint pas totalement. Il nous dit que c’est ok pour cette nuit mais que son chef arrive à 1h du matin et qu’il devra en discuter avec lui. Fab lui répond clairement que s’il revient nous réveiller à minuit, il ne sera pas reçu de la même façon. Avant que l’homme ne s’en aille, Fab lui fait dire qu’il ne reviendra pas nous réveiller. On espère qu’il tiendra parole pour une fois !
Lucie
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