Le brouillard nous empêche d’aller très vite. Sur la route nous voyons deux colonnes de plus de 30 camions militaires se diriger vers la frontière pakistanaise. On se dit que les tensions entre l’Inde et le Pakistan sont au plus haut.
11h la route est coupée, il y a deux accidents de camion à la suite, le premier deux camions qui se sont percutés face à face, le deuxième un camion s’est rabattu sur un autre. La cabine du conducteur est explosée. Il y a au moins trois heures d’attente. Après quelques hésitation nous faisons demi-tour et suivons les locaux. Ils empruntent une route de campagne, pas facile de doubler les tracteurs sur ces chemins mais nous retrouvons la nationale. Grâce à ce détour, nous avons évité l’accident. A Modsa, la direction n’est plus fléchée, on tourne pas mal en rond et demandons notre chemin. Nous suivons les conseils que l’on nous donne par dépit car nous ne sommes pas du coup convaincus. Nous devons suivre la nationale numéro 15 mais nous retrouvons sur la 10. Les bornes kilométriques sont notre seul moyen de repère en Inde car la plupart des indications sont en hindi dès que l’on sort des villes.
La faim s’installe, on s’arrête dans une station service pour manger. La carte est végétarienne, on commande deux plats au hasard, car nous ne connaissons que le nom des épices. On nous apporte des épinards et petits pois à la sauce masala. Même dans une station service qui ne paye pas de mine, la bouffe est délicieuse et très savoureuse.
Puis nous changeons d’état, nous quittons le Panjab pour le Rajasthan, il y a des taxes à payer, les camions s’arrêtent, les voitures filent tout droit, personne nous arrête on passe. On ne saura jamais si on devait payer ou pas. 10 km plus tard Lucie double une jeep de la police et là, forcement, on se fait arrêter, on allait peut-être un peu vite monsieur l’agent. Mais non, le premier flic nous demande la taxe d’entrée au Rajasthan, on fait mine de ne pas comprendre : on tend la photocopie des passeport à son chef qui à l’air plus intelligent (normal c’est le chef). Il veut aussi le permis de conduire de Lucie et après vérification nous laisse repartir. Plus tard, nous verrons deux autres check point demander le reçu de la taxe d’entrée du Rajasthan à tous les camions mais nous ne sommes pas arrêtés. On ne saura jamais si on devait payer cette taxe ou non.
Dans le désert nous laissons le brouillard ainsi que nos pull-over. Nous descendons vers le sud le long de la frontière pakistanaise. Il y a une semaine nous étions à moins de 200km de là et faisions la route coté pakistanaise vers le Nord. Pour des raisons politiques, il n’y a pas de poste frontière vers Jaisalmer ce qui nous oblige à monter jusqu’à Lahore pour redescendre à Jaisalmer…petit détour de 1000km (peut être qu’ils n’ont pas assez de soldats qui mesurent plus de 1,95mètres).
On s’arrête vers 17H dans un terrain vague, un peu à l’écart de la route, nous observons le coucher de soleil sur le désert. A coté de nous des paysans rentrent chez eux assis sur leur charrette tractée par un dromadaire.