Mardi 14 avril 2009
Orchha-Agra 240km
La journée commençait bien. Fab fait la vidange de Meiwenti sans aucun soucis. Puis nous faisons le plein d’eau et profitons de ce moment pour discuter avec les villageois. Les femmes sont beaucoup plus expansives à Orchha et elles n’arrêtent pas de sourire à Fabrice. Des gens viennent nous parler et je fais entrer un gamin dans Meiwenti, il est vraiment fier. C’est avec quelques regrets que nous repartons d’ici mais nous devons nous rendre à Delhi sans trop tarder pour nos formalités administratives. Nous quittons Orchha, direction Agra.
Fabrice ne se sent pas très bien aujourd’hui. Il a déjà fait la vidange et je conduis donc une bonne partie du trajet. Il fait vraiment chaud, sûrement l’une des journées les plus chaudes que nous ayons eu jusqu’à maintenant. Soudain, j’entends un bruit étrange et je comprends directement ce qui vient de se passer : nous venons de crever ! C’est vraiment pas de chance : Fab est malade, il fait plus de 45°C et pas un coin d’ombre ! Nous nous garons devant une caserne pour pouvoir changer tranquillement la roue. Fab sort tous les outils, monte une première fois la voiture mais le cric est au maximum mais la roue n’est pas levée ! Nous prenons deux pierres plates pour rehausser le cric et recommençons l’opération, ça fonctionne ! Nous avons fait rehausser la camion de 5cm et notre cric n’est plus adapté à la hauteur de la voiture !! Notre roue de secours est la roue qui a été réparée en Iran et Fab pense qu’elle ne tiendra pas longtemps. Une bonne heure plus tard, la roue est changée. Fab est en nage, je lui donne une serviette d’eau pour se rafraîchir. Il est livide, j’ai peur qu’il ne fasse une déshydrations. La chaleur et son mal de ventre n’arrange pas les choses. Nous repartons et coup de chance, moins d’un kilomètre plus loin nous faisons gonfler le pneu que nous venons d’installer : la roue de secours à l’air de tenir !
Nous arrivons à Agra juste avant la nuit. Nous ne savons pas où dormir mais nous pensons que près de la rivière nous pourrons trouver un endroit. Agra est une grosse ville, polluée et difficile de s’orienter avec comme seul guide le plan du Lonely Planet. Les sens interdits nous empêchent d’approcher du Taj et c’est par hasard que nous arrivons près d’un temple le long de la rivière, juste derrière le Taj Mahal. Le long de la rivière ont lieu des crémations, l’odeur est âcre! Fab part en reconnaissance. Il revient un quart d’heure plus tard, il a trouvé un super squat devant un petit temple : vue sur le Taj Mahal et silence garanti ! Alors que nous nous garons, les cérémonies du temple commencent et nous ne nous entendons plus parler. Fab discute avec un sadhou et un rickshaw-wallah. Je reste à la voiture, je suis fatiguée de cette journée et je n’ai pas le cœur à la discussion. Nous partons dîner en ville, restaurant en terrasse avec la vue sur le Taj Mahal. L’endroit est magique !
Lucie
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Mercredi 15 avril 2009
Agra-Delhi
Le Taj Mahal est un splendide mausolée moghol construit par l’Empereur Shah Jahan pour recevoir le corps de sa deuxième épouse, Mumtaz Mahal, morte en mettant au monde son 14ème enfant en 1631. Le cœur brisé, il souhaita lui construire le monument le plus splendide qu’il put. La construction du Taj débuta en 1631 et ne s’acheva qu’en 1653. Au total, 20 000 ouvriers y participèrent. Des experts furent amenés d’Europe pour concevoir les délicates dentelles de marbre et les décorations faites de milliers de pierres semi-précieuses incrustées dans le marbre.
Fabrice et moi avions déjà visité le Taj Mahal lors de notre premier voyage en Inde. Nous hésitions à refaire cette visite, l’entrée étant très onéreuse pour les étrangers. Mais dès que nous avons passé le premier porche et que le Taj, majestueux, est apparu devant nous, nous savions que nous avions bien fait de revenir. Subjugués malgré l’afflux de touristes, nous passons de longs moments assis à le contempler, à nous photographier devant ou le tenant dans nos mains grâce à la magie de la photo. Une fois notre visite terminée, nous prenons notre petit-déjeuner sur une terrasse de restaurant et continuer à profiter de cette magnifique vue que nous offre le Taj.
De retour au camion, le sadhou et le rikshaw-wallah de la veille nous invitent à visiter leur temple. La route est longue pour aller jusqu’à Delhi et je me demande ce qu’ils nous veulent. Mais Fab les trouve sympas, nous partons donc visiter leur temple. Le sadhou nous demande de la farine à chapati et nous lui en mettons un peu dans un sac plastique. Une fois le petit temple visité, le sadhou nous demande de verser un peu d’argent pour le temple. Nous refusons et les deux hommes se fâchent. Ils nous invitent ensuite à manger, ils veulent nous faire des chapati avec notre farine. Je ne me sens pas très à l’aise et je demande à Fab de partir. Les deux hommes nous disent au revoir mais nous demande encore de l’argent. Nous partons sans rien payer le rickshaw-wallah nous suit jusqu’à la voiture. Il nous rend alors notre farine de chapati et grommelle en hindi des phrases que nous ne comprenons pas. Nous partons sans traîner, direction Delhi.
Nous mettons plus de 5h pour rejoindre Delhi. En chemin nous mangeons notre premier McDo indien, un Maharadja Mac ça ne se refuse pas !! Delhi est une énorme métropole, nous nous attendions à une ville telle que Shanghai mais il n’en est rien. Il n’y a pas de gros échangeurs comme nous avons pu en voir en Chine. Le périph’, appelé Ring Road, est une grosse artère mais malgré l’heure tardive nous ne sommes pas prisonniers des embouteillages. Nous rejoignons sans trop de soucis le Nehru Park, squat des camions de passage à Delhi. Nous y retrouvons la famille Buffard, que nous avions déjà rencontré à Jodhpur. Ils sont en attente de leur autorisation pour traverser le Manipur et le Myanmar. Aucune voiture étrangère n’a réussi à obtenir la précieuse autorisation depuis 2003 mais ils ont des contacts et l’affaire est bientôt réglée. Comme la première fois que nous les avons vu, nous passons une très bonne soirée en compagnie de Marie, Thierry et leurs trois filles : Amélie, Gabrielle et Clémentine.
Lucie
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